PATRIMOINE. L'emblématique grand magasin parisien a été livré, entièrement restructuré, au groupe LVMH, après 16 ans de fermeture et six ans de travaux. Vinci Construction et sa filiale Petit vantent de nouveaux usages en plus des espaces commerciaux, avec la création de bureaux, de logements sociaux, d'un hôtel et d'une crèche.

Petit, filiale de Vinci Construction France, a livré le 22 juin au groupe LVMH les bâtiments rénovés de la Samaritaine, adresse iconique parisienne fondée en 1870 par Ernest Cognacq. Les travaux, démarrés en 2015, ont mobilisé quotidiennement jusqu'à 700 collaborateurs, dont des experts en rénovation de patrimoine classé. Vinci avait déjà livré la Fondation Louis Vuitton en février 2014 au géant du luxe. Après 750 millions d'euros de travaux et 16 ans de fermeture, La Samaritaine a été inaugurée par Emmanuel Macron qui avait salué, deux jours plus tôt, la renaissance d'un "formidable trésor patrimonial français", dont son propriétaire LVMH veut faire un lieu "incontournable pour les touristes".

 

Le projet a porté sur les magasins deux et quatre, bâtiments situés entre la Seine et la rue de Rivoli dans le 1er arrondissement de Paris. Cette opération mixte de 70.000 m2 a bénéficié d'une restructuration totale, et intègre désormais près de 30.000 m2 de commerces (Samaritaine Paris Pont-Neuf), 96 logements sociaux sur 6.350 m2, une crèche de 80 berceaux sur 1.100 m2, 16.000 m2 de bureaux et un hôtel Cheval Blanc Paris intégrant 72 chambres et suites sur 14.500 m2.

 

Restructuration complète et création de logements sociaux

 

L'espace des emblématiques grands magasins a été entièrement restructuré : les éléments historiques et patrimoniaux ont été restaurés dans leur décor d'origine, comprenant la verrière, l'escalier monumental et la peinture des paons. La conservation et la restauration des décors des façades tels que les panneaux de lave émaillée, les pinacles, les décors composites, les céramiques et les mosaïques ont été menées par les meilleurs ateliers français.

 

Au centre, le bâtiment historique de style Art nouveau de l'architecte Frantz Jourdain intègre désormais des logements sociaux répondant aux objectifs du Plan climat de la ville de Paris, avec une consommation d'énergie primaire inférieure ou égale à 80 kWh/m2/an.

 

Entre création de nouvelles circulations et restauration "minutieuse"

 

Côté Seine, l'hôtel Cheval Blanc Paris prend place dans l'édifice Art déco qui avait été imaginé par l'architecte Henri Sauvage et dont la Maison Édouard François a signé la rénovation. Cette métamorphose a nécessité la création de circulations verticales pour les 12 ascenseurs et escaliers desservant les étages de l'hôtel. Afin de conserver l'emblématique façade Art déco côté Seine, une minutieuse restauration a été effectuée avec l'intégration d'ouvrants aux profilés techniques apportant d'excellentes qualités thermiques et phoniques aux espaces intérieurs. Les deux restaurants du septième étage bénéficient de terrasses côté Seine et d'un jardin terrasse autour de la verrière de la Samaritaine côté Nord.

 

Pour l'îlot Rivoli, l'agence d'architecture japonaise Sanaa a imaginé un projet plus contemporain. L'édifice est doté d'une façade transparente triple peau ultra-technique (une première ondulée en extérieur, puis une façade plane sérigraphiée, et enfin la façade thermique). Cette construction neuve avec une structure mixte de béton et de charpente métallique se déploie rue de Rivoli et rue de la Monnaie. La création d'une verrière surnommée "ombrelle" permet à la lumière de pénétrer au cœur du patio et d'éclairer naturellement les surfaces de commerces en sous-sol.

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