LOGEMENT. A six mois des élections municipales, le promoteur Alila lance un nouveau cri d'alarme sur les difficultés à obtenir un permis de construire ou à faire entrer les grues, échéance électorale oblige.

Après les bailleurs de l'Union sociale pour l'habitat, puis la Fédération des promoteurs immobiliers, l'échéance des élections municipales continue de hanter les professionnels du logement, notamment Hervé Legros, PDG d'Alila. Il appelait, lors d'un point presse le 23 septembre 2019, les élus à dépasser l'adage "maire bâtisseur, maire battu", pour actionner le choc de l'offre qui permettrait de soulager l'actuelle crise du logement.

 

Appel à former les édiles

 

"Cela fait déjà un an que l'on sent le ralentissement dans la signature de permis de construire, qu'on dit que ce n'est pas bien de bâtir, et qu'au pire on rattrapera le retard après les élections", déplore Hervé Legros, promoteur lyonnais à la tête d'Alila qui a produit près de 7.000 logements en 2018. Celui-ci prône un exercice de "pédagogie" et de "formation" auprès des édiles, pour faire revenir les grues en période électorale.

 

 

Le promoteur s'appuie notamment sur un sondage commandé auprès d'Elabe, basé sur les réponses de plus de 2.000 locataires. Sur le contexte électoral, les sondés affirment à 71% que "les élections municipales ne doivent pas interrompre la délivrance de permis de construire". Faut-il en conclure que la menace repose principalement sur les propriétaires ? Tout en reconnaissant "le traumatisme des élus battus", Hervé Legros appelle à placer "la problématique du logement au cœur des débats des prochaines élections municipales".

Des promoteurs "sous perfusion des dispositifs de défiscalisation"

 

"Lorsque l'on explique les choses aux gens, ils parviennent à comprendre, on peut y arriver lorsqu'on entreprend un exercice de concertation", affirme-t-il. Pour autant, la crise du logement qui frappe plus particulièrement les métropoles ne saurait être attribuée à l'unique frilosité des maires en période électorale, "mais à une politique du logement ratée qui dure depuis 25, 30 ans".

 

Pour lui, le choc de l'offre implique de refonder le jeu d'acteurs et les méthodes de chacun, à commencer par "la métamorphose" des promoteurs, "sous perfusion des dispositifs de défiscalisation". Dans le même sens que la Fédération des promoteurs immobiliers, Hervé Legros estime également que les acteurs publics et privés devraient être associés en matière de politique du logement, notamment sur l'élaboration de plans locaux d'urbanisme.

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