CONJONCTURE. La Fédération nationale des Travaux publics a publié son bulletin de conjoncture pour décembre 2022. L'occasion de faire le bilan d'une année loin des espoirs qu'elle avait suscités, malgré quelques faibles signaux encourageants, en fin d'exercice.

L'année 2022 avait plutôt bien commencé pour les entreprises de travaux publics. En effet, janvier avait été dynamique, laissant entrevoir une embellie par rapport à l'exercice précédent. Et ce malgré une hausse des coûts de production déjà importante et des tensions sur la main d'œuvre. Mais dès février et le début de la guerre en Ukraine, la tendance s'est brutalement inversée.

 

Résultats : jusqu'en août 2022, les travaux réalisés par les entreprises de travaux publics a lourdement chuté. Ce que rappelle la dernière note de conjoncture de la Fédération nationale des Travaux publics, publiée le 7 février 2023 et tirant le bilan de l'exercice 2022.

 

Réveil tardif et hausse "historique" des coûts de production


A partir de septembre, l'activité s'est peu à peu redressée. Le dernier trimestre enregistre même une hausse de 5,1% par rapport au précédent, et l'automne a ainsi été bien plus dynamique que l'été. Mais ce réveil n'aura pas suffi à endiguer la baisse de l'activité sur l'ensemble de 2022.

 

 

En effet, si le chiffre d'affaires de la profession progresse de 2,7% en euros courants, la hausse "historique" selon la FNTP des coûts de production, avoisinant les 10% à fin novembre sur un an, "bride la croissance de sa production réelle". Celle-ci est donc en retrait sur l'ensemble de l'année, à -6,4%.

 

Des prises de commandes instables


Du côté des prises de commandes, le constat n'est pas non plus réjouissant. Si elles avaient bien rebondi en novembre 2022, décembre a été moribond, avec une chute des marchés conclus de près de 18% sur un mois. Ils retombent ainsi à leur niveau le plus bas de l'année.

 

Tout au long de 2022, les prises de commandes ont été en dents de scie. Au global sur l'année, elles reculent de 3,1%, marquées l'absence d'une reprise des investissements, notamment de la part de la maîtrise d'ouvrage publique et alors que le cycle électoral devrait être plus favorable au développement des projets.

 

 

Les conséquences sur l'emploi de ce contexte se font sentir, même si le secteur limite la casse. Les effectifs ouvriers, pourtant orientés à la hausse en 2021, stagnent ainsi un an plus tard (-0,7%), sous l'effet conjugué de l'érosion de la production et des difficultés de recrutement. Le volume global d'heures travaillées baisse légèrement (-1,3%), tandis que celles effectuées par les intérimaires stagnent de façon générale sur l'année (-0,1%).

 

Un horizon qui "reste gris"

 

L'envolée des prix des matériaux et de l'énergie, ainsi que l'attentisme en matière d'investissements, ont donc lourdement impacté le secteur des travaux publics en 2022. Qu'attendre dans ce contexte de 2023 ? "L'horizon reste gris", s'inquiète la FNTP, la relance espérée des projets des collectivités ne semblant toujours pas être à l'ordre du jour. C'est pourquoi l'organisation professionnelle, habituellement prudente, ne compte pas sur un miracle et anticipe une nouvelle érosion de l'activité pour l'exercice en cours.

 

Elle note tout de même des signes encourageants : les tensions inflationnistes s'atténuent, et la santé financière des collectivités locales est plutôt bonne. Les ingrédients de base sont là, reste à enclencher "une véritable accélération du cycle d'investissements des pouvoirs publics", pour inverser la tendance.

 

Retrouvez notre tableau de bord sur l'évolution de l'activité dans le secteur des travaux publics, dans cet article.

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