PROFESSION. Ce 18 décembre 2019, la secrétaire d'Etat à l'Economie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, a signé le Contrat stratégique de filière "Infrastructures numériques" en présence de représentants des réseaux et télécoms mais aussi d'élus locaux. Le document s'articule autour de "quatre projets structurants".

La filière du numérique espère passer au débit supérieur. Ce 18 décembre 2019, la secrétaire d'Etat à l'Economie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, a signé le Contrat stratégique de filière (CSF) "Infrastructures numériques" en présence de représentants des réseaux et télécoms mais aussi de l'association Régions de France. Aux côtés des quatre présidents des fédérations professionnelles concernées (Afnum, FFT, Infranum et Sycabel), la membre du Gouvernement a donc ratifié ce document dans les locaux du pôle de compétitivité "Systematic Paris-Région", à Palaiseau (Essonne). Une nouvelle étape s'inscrivant dans la suite logique de la labellisation, le 22 novembre 2018 par le Conseil national de l'industrie, du CSF "Infrastructures numériques", lequel a ensuite délimité "quatre projets structurants" pour assurer le développement du secteur. "Tous font l'objet d'engagements réciproques entre l'industrie et l'Etat, et répondent aux principaux défis pour développer en France une industrie des infrastructures numériques performante et compétitive à l'échelle internationale", assure Bercy.

 

Du côté des représentants du secteur, on se félicite de la reconnaissance induite par ce contrat, tout en soulignant que ce dernier doit aussi permettre de fédérer la grande diversité des acteurs économiques de la filière en tablant sur leurs synergies. "Le marché télécom est très concurrentiel. Nous avons donc laissé dans ce CSF la place aux fédérations professionnelles, qui ont la capacité à jouer le rôle de tiers de confiance et à assurer la nécessaire neutralité dans les travaux à venir", a souligné pour sa part Didier Casas, président du CSF et vice-président de la Fédération française des télécoms (FFT).

 

Emploi, projets territoriaux, accès à la 5G et développement à l'international

 

Concrètement, il est d'abord question dans le CSF fraîchement signé de la technologie 5G : l'objectif est de rendre celle-ci accessible à l'ensemble de la population, et d'instaurer "un réseau de plateformes 5G multi-sites" favorisant l'innovation. Ensuite, la feuille de route des acteurs publics et privés porte sur les "territoires intelligents", avec un accompagnement des collectivités territoriales et un travail accru pour rendre plus visibles les projets locaux : "L'objectif est de construire une vision commune du smart, en collaboration avec les collectivités locales, en maintenant une vigilance particulière sur la gouvernance et l'interopérabilité des données", explique Etienne Dugas, le président d'Infranum. Faciliter l'emploi et la montée en puissance des compétences constitue le troisième axe du contrat, le but étant ici d'anticiper le pic d'activité du Plan France Très haut débit "en identifiant de nouvelles passerelles" et en rendant plus attractifs les emplois à forte valeur ajoutée. Pour Etienne Dugas, "il faut développer la polyvalence et la mobilité de nos salariés, qui sont pour encore plusieurs années à pied d'œuvre sur le déploiement de la fibre, vers les métiers relatifs aux infrastructures émergentes, comme la 5G ou le smart".

 

Enfin, le Gouvernement et la filière souhaitent "construire une stratégie d'offre à l'exportation", en braquant les projecteurs des marchés internationaux sur la profession. "L'ambition n'est pas moins que celle de créer la 'French Tech' des infrastructures numériques !", affirme le président d'Infranum. "Cela va passer dans un premier temps par un recensement précis de notre offre valorisable à l'international, puis par la création d'une marque ombrelle, cautionnée par l'Etat, et en parallèle par une recherche soutenue de partenariats." Et le ministère de l'Economie d'insister : "La signature de ce contrat constitue un moment fort pour cette filière qui est un maillon essentiel de la numérisation de notre pays et dont le potentiel économique est considérable".

 

40 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour le secteur

 

Le secteur des réseaux et télécoms se compose notamment des fabricants de composants et d'équipements réseaux (Afnum), des opérateurs d'infrastructures fixes et mobiles et de services de communications électroniques (FFT), des fabricants de matériels et câbles de communication et de très haut débit (Sycabel), et enfin des entreprises de la connectivité et des réseaux d'initiative publique (Infranum). Un panel d'acteurs qui mettent en avant leurs centres de recherches et pôles de compétitivité, à l'image de celui de Palaiseau, pour développer leurs activités de Recherche&Développement et favoriser leur croissance économique. Réalisant un chiffre d'affaires de plus de 40 milliards d'euros, la filière des technologies numériques comptabilise quelque 13.000 entreprises, dont une majorité de TPE/PME, employant environ 140.000 salariés.

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