BORDEAUX. Contacté par Batiactu, le président de la Capeb Gironde a fait état d'une situation catastrophique concernant le stationnement des artisans à Bordeaux. Face à lui, le directeur de la police municipale a répondu point par point aux problèmes exposés.

Suite à un article concernant les soucis d'interventions des artisans et petites entreprises du bâtiment sur les chantiers dans les grandes villes, différents commentaires ont fait état d'une situation très compliquée à Bordeaux, en Gironde. Afin d'en savoir davantage, Batiactu a contacté Michel Dumon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) de Gironde, et Nicolas Andreotti, directeur de la police municipale et de la tranquillité publique à Bordeaux.

 

"La situation à Bordeaux est catastrophique", nous explique le premier. Selon lui, "il est impossible de stationner à Bordeaux, la hausse de l'attractivité de la ville a fait grimper le nombre de véhicules en centre-ville. De plus, il n'y pas de parking accessible pour les camionnettes, certains de nos artisans refusent alors d'intervenir à Bordeaux". Nicolas Andreotti, rejoint le président de la Capeb Gironde sur certains éléments : "Il est vrai que le nombre de véhicules à Bordeaux a explosé, cependant un tiers des parkings de la ville dispose de la hauteur suffisante pour accueillir les véhicules utilitaires. Par ailleurs, il y a toujours de l'activité dans le bâtiment à Bordeaux, beaucoup d'artisans continuent d'intervenir".

 

Les discussions sont ouvertes

 

Autre problématique mise en avant par Michel Dumon, le prix du stationnement. Le directeur de la police municipale nous indique qu'un forfait existe pour les entreprises dont le siège social est à Bordeaux (30 € par mois pour quatre véhicules), cependant le président de la Capeb 33 précise que les prix du foncier ont explosé dans la ville, empêchant les petites entreprises de s'y installer durablement. De ce fait, les artisans ont imaginé d'autres solutions : "Chaque devis inclut deux amendes", indique Michel Dumon. Il ajoute également que celles-ci sont de plus en plus chères. En effet, "depuis le début de l'année 2018, l'habituel procès-verbal pour stationnement irrégulier d'un montant de 17 euros a été remplacé par une redevance dont le prix varie selon les municipalités (30 à 35 euros à Bordeaux), ce qui a un effet dissuasif", nous explique Nicolas Andreotti. Mais il n'exclut pas que l'éligibilité au forfait de stationnement soit étendue à la périphérie bordelaise, "cependant le dispositif doit être viable, on ne veut pas que la ville soit saturée".

 

"Il n'y a aucune concertation avec les pouvoirs publics, pourtant ces derniers sont invités à tous nos rassemblements sur le sujet", affirme Michel Dumon. Chose que conteste le directeur de la police municipale : "Il y a la volonté de faire mieux dans le dialogue. Fin juin 2018 nous avons reçu la Chambre de l'artisanat et une grande réunion va avoir prochainement lieu avec les professionnels, les élus et le maire". Affaire à suivre.

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