LOGEMENT. L'association SOS Racisme montre, dans une enquête, que près d'une agence immobilière sur deux soutient des demandes discriminantes de propriétaires.

L'association SOS Racisme, dans une enquête publiée le 25 janvier 2026, montre que près d'une agence immobilière sur deux soutient les demandes discriminantes des propriétaires avec lesquels elles travaillent. Pour réaliser ce rapport, l'organisme, créé en 1984 par le Parti socialiste (PS), s'est appuyé sur la méthode du "testing" (test de discrimination).

 

Des membres de l'association ont ainsi appelé 198 agences immobilières appartenant à de grandes enseignes et au réseau de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) en se faisant passer pour des propriétaires souhaitant louer leur bien. Ils ont alors demandé à le destiner exclusivement à des profils "européens" pour éviter des "problèmes de voisinage".

 

Sur ces 198 agences, près d'une sur deux (96, soit 48,48%) ont accepté, soit de discriminer en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d'un critère racial (pour 48, soit 24,24%), soit d'être complices de cette pratique (48 aussi), selon le rapport dévoilé par Le Parisien. Au total, 102 agences (soit 51,52%) ont refusé d'appliquer cette discrimination et ont clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l'origine.

 

Formation obligatoire

 

Cette étude "met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal", a dénoncé l'association dans un communiqué. Interrogée par Le Parisien au sujet de ces résultats, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a rappelé que "la discrimination était illégale" et estimé que "le rapport de SOS Racisme montrait que le chemin était encore long".

 

La membre du gouvernement a aussi annoncé la mise en place d'une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers. En ce sens, la ministre a précisé à nos confrères qu'un décret serait signé "dans les toutes prochaines semaines". Une sensibilisation jugée nécessaire alors qu'actuellement seuls les détenteurs d'une carte professionnelle, soit moins de la moitié des agents, doivent suivre une formation obligatoire sur ce sujet.

 

Une situation chronique

 

Le président de la Fnaim Loïc Cantin a indiqué de son côté que cette enquête "ne faisait que confirmer des tendances déjà constatées, que la Fnaim a condamnées. Pour avoir une profession qui soit au niveau de ses obligations, il faut à la fois une formation et de la sanction."

 

Il s'agit enfin de la troisième campagne de testing menée par SOS Racisme sur ce sujet, après de précédentes enquêtes en 2019 et 2022. La situation ne s'est pas améliorée par rapport à 2022 : sur 136 agences, 51,5% refusaient alors toute discrimination et 48,5% acceptaient ou facilitaient des demandes discriminatoires (avec 25% d'acceptation directe et 23,5% de complicité). Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, a envoyé dimanche 25 janvier 2026 un courrier aux députés, consulté par l'AFP, où il les enjoint à "parler haut et fort" contre les discriminations et à "agir contre les ruptures d'égalité".

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