BAROMETRE. Les derniers chiffres de l'enquête Arti Santé ne sont pas encourageants. En seulement un an, le nombre de chefs d'entreprise se disant en mauvaise santé a bondi de 10 points.

Le précédent baromètre Arti-Santé n'était déjà pas optimiste (lire notre article). Et cette 4e édition montre que la situation ne s'améliore pas. Pire. Elle se dégrade. Si 71% des artisans se déclaraient en bonne santé en 2016, ils ne sont plus que 61% en 2017, soit tout de même 10 points de moins. Pour rappel, ils étaient 80% en 2014 à se dire en bonne santé. Pourquoi cette dégradation de l'état de santé des dirigeants d'entreprise artisanale, alors même que qu'il y a un regain d'optimisme quant à leur business (50% se disent confiants vis-à-vis de l'avenir de leur activité contre 30% en 2016 et ils sont 60% à avoir observé une progression de leur activité en 2017) ? Plusieurs facteurs seraient en cause.

 

Tout d'abord, le rythme de travail s'intensifie. Le nombre d'artisan travaillant plus de 60 heures par semaine augmente (24% contre 23% en 2016). Le baromètre montre que près de 2 artisans sur 3 travaillent plus de 50 heures par semaine. Seulement 2% travaillent moins de 35 heures par semaine. Plus de la moitié (52%) travaillent au moins 6 jours par semaine, et 7% n'ont pas de jours de repos puisqu'ils déclarent travaillent 7 jours par semaine. Cette hausse du rythme de travail "impacte l'état de santé des dirigeants" et "contribue également au déséquilibre entre vie privée et vie professionnelle", estiment les auteurs du baromètre réalisé en par l'IRIS-ST en partenariat avec la Capeb et la CNATP.

 

Fatigue et stress

 

S'ils ont le sentiment que leur état de santé général se dégrade, leur principale pathologie (douleurs musculaires et articulaires) baisse légèrement. Signe que les artisans du BTP mettent de plus en plus en place des aides à la manutention. Ils sont en revanche un peu plus nombreux à souffrir de troubles du sommeil (52% contre 50% en 2016) et de troubles émotionnels (nervosité, irritabilité, angoisses). 81% disent manquer de sommeil et 58% se sentent assez fatigués voire très fatigués contre 56% en 2016.

 

Des problèmes de sommeil souvent liés au stress dont le niveau de stress reste toujours très élevé (58%). Les facteurs de stress sont nombreux mais le plus souvent cité reste les tâches administratives (51%) suivies de près par la charge de travail (50%), les contraintes de délais (43%), le poids des responsabilités (41%) et les répercussions sur la vie privé (40%). Evoquant ce "stress toxique", Patrick Liébus, Président de la Capeb estime qu'il "est urgent et essentiel d'alléger cet aspect de leur quotidien, au lieu de quoi, on veut leur imposer de nouvelles tâches telles que le prélèvement de l'impôt à la source". Il souhaite donc que les résultats de ce baromètre "puissent créer un électrochoc et conduire à un choc de simplification".

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