SOCIAL. En grève pour leur régime de retraite, les salariés des trois incinérateurs de la région Île-de-France ont voté ce 28 janvier 2020 la reconduction de l'arrêt de ces trois sites industriels traitant habituellement 6.000 tonnes de déchets par jour. Le gestionnaire parle d'une "catastrophe environnementale", dans la mesure où les déchets non-brûlés sont enfouis.

Ce 28 janvier 2020, l'AFP a appris auprès de sources concordantes que les salariés des trois incinérateurs de la région Île-de-France ont voté la reconduction pour une semaine, soit jusqu'au 3 février, de l'arrêt de ces sites industriels, dans le cadre de la grève contre la réforme des retraites. C'est en effet à cette date que débutera l'examen du projet de loi en commission à l'Assemblée nationale. "La grève et l'arrêt des fours sont reconduits pour une semaine", a affirmé Julien Lambert, membre du bureau de la fédération Mines et Energie de la CGT, à l'agence. "La rencontre lundi [27 janvier] avec Elisabeth Borne [ministre de la Transition écologique] n'a pas répondu aux questions des salariés des IEG [Industries électriques et gazières], qui n'ont aucune visibilité sur leur régime de retraite."

 

Les incinérateurs de déchets d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) sont à l'arrêt depuis le 23 janvier au soir, les salariés craignant pour leur statut spécifique : les 140.000 employés des IEG - regroupant des entreprises comme EDF, Engie, Enedis, RTE ou encore GRDF - font l'objet d'un calcul de leur retraite sur les 6 derniers mois de carrière et de départs anticipés pour les services dits "actifs". En moyenne, leur âge de départ est actuellement de 58,9 ans, et ils bénéficient en outre d'un tarif avantageux de l'énergie. "La ministre dit que le Gouvernement ne touchera pas au statut, mais le régime de retraite et le statut sont liés", souligne Julien Lambert.

 

"Sur 6.000 tonnes par jour de déchets traitées en temps normal, 5.000 tonnes sont actuellement enfouies"

 

Mais cette mobilisation a des conséquences techniques et environnementales non-négligeables : le Syctom, le syndicat mixte spécialisé dans le traitement et la valorisation des déchets ménagers et organisme gestionnaire en région parisienne, a annoncé à l'AFP qu'il allait "mettre en demeure les exploitants des trois centres de revenir à un fonctionnement normal, demander à l'Etat de réquisitionner les personnels au titre de la salubrité publique et réclamer au préfet de police l'intervention des forces de l'ordre pour dégager les sites". De même, le syndicat se laisse la possibilité de porter plainte "au titre de la salubrité publique et du droit de travailler", et assure que l'arrêt des fours est une "catastrophe environnementale" : "sur 6.000 tonnes par jour de déchets traitées en temps normal, 5.000 tonnes sont actuellement enfouies". Qui plus est, l'incinération des déchets ménagers contribue à la chaufferie des agglomérations, et l'arrêt des incinérateurs franciliens prive de fait la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) d'une partie de son approvisionnement.

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