Sur le marché de l'immobilier neuf, la reprise est en voie de se confirmer. Au deuxième trimestre 2015, 26.500 habitations ont été "réservées à la vente", soit une hausse de 21,8 % par rapport à la même période 2014, d'après les données dévoilées ce mardi 25 août par le ministère du Logement. Précisions.

Les professionnels du secteur de l'immobilier devraient retrouver le sourire. Les chiffres relatifs à la commercialisation de logements neufs, publiés ce mardi 25 août, confirment officiellement ce que les prévisionnistes du secteur observaient ces mois-ci : la reprise est engagée. Au deuxième trimestre 2015, 26.500 logements neufs ont été vendus, soit une augmentation nette de 21,8 % par rapport au deuxième trimestre 2014. Une hausse tirée globalement par le collectif.

 

"Ce rebond s'explique davantage par une augmentation du collectif (+23,4 %) que dans l'individuel (+6,0 %)", pointe l'étude du ministère du Logement. En parallèle, les mises en vente ont été restreintes à 24.600 unités, soit en légère baisse (-3,9 %) par rapport au deuxième trimestre 2014. "Mais, avec 24.600 unités, cela s'inscrit dans une tendance à une légère reprise par rapport aux trois trimestres précédents", complète le ministère du Logement. Par ailleurs, l'encours de logements proposés à la vente continue de se résorber (-8,8 %) : il représente 97.500 logements.

Les ventes d'appartements atteignent leur plus haut niveau depuis fin 2011

S'agissant du collectif, les derniers chiffres du ministère du Logement affichent un regain d'optimisme. En effet, 24.500 appartements ont été vendus au deuxième trimestre 2015, ce qui représente clairement un sursaut de 23,4 % par rapport au 2ème trimestre 2014, soit le plus haut niveau depuis fin 2011. Ces bons résultats s'expliquent globalement par les avantages offerts par la loi de défiscalisation Pinel.

 

"Cette forte hausse des réservations est particulièrement marquée pour les studios (+36,8 %), cible privilégiée des investisseurs", précise le ministère du Logement. Autre constat : les mises en vente diminuent de 2,7 % par rapport au deuxième trimestre 2014 (soit 22.600 logements). "Ce recul des mises en ventes s'observe principalement pour les grandes surfaces (-4,5 % pour les trois pièces, -5,4 % pour les quatre pièces ou plus)", indique le ministère.

 

Conséquence directe : le stock des appartements proposés à la vente diminue fortement de 8,3 % et s'établit à 88.300 logements. A noter également, que les prix de vente sont en légère augmentation (+ 1,1 %) : ce trimestre, un appartement est vendu en moyenne 3.900 euros le mètre carré.

Maisons individuelles : repli de l'encours

Par contre, les réservations de maisons individuelles sont en hausse de 6 % par rapport au deuxième trimestre 2014, pour atteindre 2.000 unités. "En effet, le rebond des réservations observé dans l'individuel reste bien moindre que dans le collectif", constate amèrement le ministère du Logement. Le niveau de ventes de maisons individuelles reste inférieur à ceux observés en 2012 ou 2013.

 

Les mises en vente poursuivent justement leur recul, avec -15,9 % par rapport au deuxième trimestre 2014. Elles s'élèvent ainsi à 1.900 logements ce trimestre. A noter que ce sont les grandes maisons, en l'occurrence, celles de plus quatre pièces, qui sont les plus touchées. Finalement, l'encours des maisons individuelles chute de 13,2 % pour atteindre 9.200 logements à fin juin 2015. Les prix de vente moyen des maisons neuves restent, par contre, stables par rapport au deuxième trimestre 2014.

La commercialisation par régions

Enfin, la note du ministère signale que seule la région Champagne-Ardenne voit à la fois ses mises en vente et ses réservations diminuer par rapport au deuxième trimestre 2014. "Les réservations augmentent pour toutes les autres régions métropolitaines, surtout dans les régions Centre-Val de Loire, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d'Azur", indique-t-elle.

 

De plus, le prix de vente moyen au mètre carré des appartements augmente par rapport à son niveau du deuxième trimestre 2014 dans treize des régions et stagne pour six régions. Seules trois régions connaissent une baisse des prix, en l'occurrence le Poitou-Charentes.

 

La FFB tire la sonnette d'alarme
Si les professionnels de l'immobilier affichent un léger sourire, les professionnels du bâtiment continuent par contre de tirer la sonnette d'alarme. "Depuis 2008, l'activité est en recul de 30 %. Nos PME n'ont jamais été autant en souffrance et 30 % d'entre elles perdent de l'argent", a expliqué Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), ce lundi 24 août, sur France Info. "L'an dernier, 30.000 emplois ont disparu et sans doute encore 45.000 cette année", a-t-indiqué. Mais, selon lui, "on commence à voir le bout du tunnel". La FFB s'inquiète notamment de la réduction des aides à l'immobilier, qui est régulièrement évoquée dans les rangs de la majorité, et qui pourrait figurer dans le projet de budget. Jacques Chanut compte également sur le plan de relance du logement annoncé l'an dernier par le Gouvernement : "Ce qui a été fait depuis un an devrait permettre cette relance. Mais ce n'est pas du jour au lendemain que l'activité repart". A suivre.

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