ENTRETIEN. Philippe Nunes, le directeur de l'événement, évoque pour Batiactu les temps forts de la deuxième édition d'EnerJmeeting, qui se tiendra le 8 mars prochain au Palais Brongniart (Paris) sous le haut patronage d'Emmanuel Macron. Contexte, enjeux, ambitions, il répond à toutes nos questions.

Batiactu : Après une première édition placée sous le signe de la future Réglementation environnementale 2020 et de l'expérimentation E+C-, quel est le contexte de ce second opus ?
Philippe Nunes : Pourquoi une deuxième journée ? Il y a plusieurs raisons dans l'actualité. Tout d'abord la dynamique retrouvée du bâtiment avec une économie plus florissante et une filière qui redémarre après des années sombres. Ensuite, le lancement du Plan de rénovation énergétique des bâtiments lancé par l'Etat qui en a fait une priorité nationale. La concertation autour de ce plan se termine et les premières annonces sont sur le point d'être faites. Il est donc temps d'en parler car il y a une attente des professionnels de la filière. Pour ce qui est de la construction neuve, nous arrivons à une année d'expérimentation E+C- : qu'est ce qui a été fait, dans les bâtiments collectifs, les écoles, les hôpitaux ? Nous sommes en 2018 et nous avons besoin de savoir comment aller vers la RE2020. D'où la construction d'EnerJmeeting dans ce contexte, avec une édition riche en contenus.

 

Batiactu : Justement, quels seront les temps forts de l'événement ?
Philippe Nunes : Nous aurons trois conférences plénières fortes, une sur le neuf et deux sur la rénovation, car le parc existant est celui qui représente le plus grand potentiel en termes de travaux ou d'économies d'énergie. Il y aura donc une plénière sur la rénovation des logements, qu'il s'agisse de logement social ou de copropriétés. Jusqu'ici, l'objectif de 500.000 rénovations par an était relativement lointain et la 'massification' tant attendue n'est jamais arrivée. Nous nous interrogerons sur les raisons de cette situation et sur les moyens pour y parvenir. Une autre séance portera sur tout ce qui est rénovation d'autres bâtiments : tertiaire, commerces et bâtiments publics. Car l'Etat souhaite mettre en avant son exemplarité dans le domaine. Et nous aurons évidemment des retours d'expérience du label E+C- pour la construction neuve. Il est intéressant de savoir ce qui a été fait, en bien ou pas, et nous aurons des indications sur tout ce qui est accompagnement ou tiers-financement. En tout, une cinquantaine de conférenciers interviendront pendant la journée, dont Alain Maugard (copilote du Plan de rénovation énergétique), Philippe Pelletier (président du Plan Bâtiment Durable) ou Thierry Repentin (Conseil supérieur de la construction et de l'efficacité énergétique). Il y aura également d'autres personnalités, comme Emmanuel Acchiardi (DHUP), Jean-Christophe Visier (CSTB), Nicolas Doré (Ademe), des architectes et des membres de bureaux d'études. Enfin Julien Denormandie, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, s'exprimera lui aussi et remettra les "Trophées Start-Up 2020-2050".

 

Batiactu : Côté salon, quelles sont les perspectives d'EnerJmeeting 2018 et des éditions suivantes ?
Philippe Nunes : Nous aurons 110 stands d'industriels contre 60 en 2017, avec 30 startup réunies dans un village dédié. La représentation sera d'ailleurs encore plus large et cohérente que l'an passé, puisqu'elle dépasse largement le seul génie climatique. Il y aura des exposants de l'isolation, de la rupture de ponts thermiques, de l'enveloppe et d'autres équipements. Nous avons aussi élargi à la filière de gros acteurs de l'électricité qui proposent des solutions actives et des objets connectés comme Schneider Electric ou Hager. Une zone sera d'ailleurs réservée au "Bâtiment connecté", ce qui est une belle nouveauté. En tout nous attendons 2.000 personnes, soit 30 % de plus que l'an dernier. Pour le clin d'œil, nous avons également trouvé intéressant de faire le bilan carbone de l'événement en lui-même avec une vision très large : énergie consommée, déchets produits, transports. Car si 70 % des visiteurs sont Parisiens ou Franciliens, certains viennent de loin et prennent l'avion. Ce bilan global, évalué à 100 tonnes de CO2, sera mis en ligne et nous a amené à mettre en place des actions, comme une restauration bas carbone, sans viande rouge et faisant appel à des productions locales, une vaisselle sans plastique entièrement recyclable… D'ailleurs, dans une réflexion citoyenne, nous prévoyons déjà que l'édition 2019 sera exportée en région, à Nantes. Puis en 2020 nous irons vers Lyon, Bordeaux ou Toulouse, dans des villes dynamiques.

 

Batiactu : Sans dévoiler le palmarès, peut-on dire quelques mots sur les Trophées Start-Up Bâtiment 2020-2050 ?
Philippe Nunes : J'observe une tendance au tout numérique de plus en plus forte. C'est bien, cela crée de la valeur et l'économie française en a besoin, car la concurrence américaine est rude. Mais il faut être vigilant sur ce qui fera vraiment de la qualité pour le bâtiment. Collecter et analyser de la data est nécessaire, mais à mon goût, il n'y a pas assez d'innovation sur les matériaux eux-mêmes. J'aurais aimé voir plus de solutions de piles à combustible, faisant appel à de l'hydrogène par exemple. Il y a encore des progrès à faire sur l'isolation, les panneaux photovoltaïques ou d'autres éléments de la construction. Mais il y aura d'autres éditions d'EnerJmeeting pour en parler.

 


Le Manifeste 2018, préfacé par Nicolas Hulot (ministre d'Etat de la Transition écologique et solidaire) et Julien Denormandie (secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires), sera distribué aux participants sous un format papier. Mais il sera également disponible en téléchargement sur le site d'EnerJmeeting.

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