INNOVATION. Hybridation, numérisation, modélisation ou optimisation, sur quoi travaillent les jeunes pousses qui seront présentes à EnerJmeeting, le 8 mars prochain ? Tour d'horizon des grandes tendances avec la sélection du jury des "Trophées Start-Up 2020-2050".

Equipement à intégrer en construction neuve ou système améliorant l'efficacité énergétique de l'existant ? Gain de confort ou économies sur les consommations ? Tous les aspects de l'innovation au service de la construction ont été étudiés par le jury (*) des "Trophées Start-Up 2020-2050" organisés dans le cadre d'EnerJmeeting 2018. Plusieurs catégories de technologies se dessinent parmi les seize sociétés inscrites.

 

Dans une première famille, on distingue les solutions techniques pures, "hardware", consistant souvent à améliorer des procédés déjà connus ou à hybrider des technologies entre elles afin d'étendre leurs capacités. On pourra par exemple citer les sociétés Base ou DualSun, déjà connues des experts du solaire thermovoltaïque. Les deux entités proposent des panneaux solaires photovoltaïques dont la chaleur est exploitée en sous-face, soit par un réseau aéraulique, soit par un réseau hydraulique. Dans la même veine, on peut distinguer Hélioclim, qui s'appuie pour sa part sur du solaire à concentration, donc à haute température, couplé à une machine à absorption pour produire du chauffage et du froid solaire. La startup Crosslux, pour sa part, vise à développer un vitrage photovoltaïque translucide, au moyen d'une couche mince micro-perforée, insérée dans un verre feuilleté. L'entreprise Solaronics présente, quant à elle, une pompe à chaleur couplée à un moteur à gaz, destinée à produire du chauffage et de l'eau chaude sanitaire dans le collectif, qui présente d'excellents rendements. Autre choix technologique, celui de Sustain'Air, qui combine adiabatique et roue dessicante pour remplacer des groupes froid des immeubles tertiaires par une solution qui ne nécessite ni gaz réfrigérant, ni électricité. De son côté, Biofluides Environnement s'oriente vers la récupération de chaleur des eaux grises pour alimenter une PAC, également dans le petit collectif ou l'hôtellerie et les EHPAD. EnergieIP vise, pour sa part, les bâtiments tertiaires et les édifices connectés avec une élégante offre Power over Ethernet d'alimentation électrique par câble assez puissante (100 W).

 

Internet des objets, maquette numérique et réalité virtuelle

 

Dans une seconde famille, il est possible de regrouper les solutions logicielles, "software", qui s'inscrivent dans la tendance à la numérisation du bâtiment. Notons par exemple l'offre d'Energisme, une plateforme informatique qui permet de collecter et d'agréger tous les types de données d'énergie pour mieux piloter les consommations d'un parc immobilier. Un service similaire à celui proposé par Kocliko, lui aussi orienté vers le tertiaire et le collectif. Chez Ogga, l'automate Ecotouch est, pour sa part, installé sur le tableau électrique d'un particulier où il sert à la fois de monitoring et de centre de commande pour tous les équipements connectés (chauffage, lumière, stores). Plus simple, le produit Semlink de Librafluides repose sur des objets connectés déployés dans un immeuble chauffé collectivement : ils permettent de gérer l'installation par rapport aux températures des appartements et non plus en fonction de la seule température extérieure. D'où un gain de confort pour les occupants selon l'exposition de leur bien. Enfin, l'élégante tablette NanoSense, représente l'aboutissement de ces objets connectés avec une machine autonome et durcie qui pilote l'installation domotique.

 

Suivent d'autres jeunes pousses aux offres variées, souvent en lien avec le BIM ou les nouvelles technologies de modélisation. La startup Snapkin, par exemple, automatise le traitement tridimensionnel de nuages de points captés par des scanners laser afin de constituer directement des maquettes 3D de l'existant. De son côté, datBIM développe un format d'échanges interopérable destiné aux objets BIM. Karibati, elle, offre différents services de formation en ligne (MOOC) et d'évaluation de l'analyse du cycle de vie des produits biosourcés de la construction. Egalement dans un aspect de formation, Batiscaf propose d'intégrer la réalité virtuelle dans le cursus des artisans.

 

Le palmarès complet sera dévoilé sur l'événement, le 8 mars 2018 au Palais Brongniart, par Julien Denormandie, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires.

 

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(*) Jury présidé par Alain Maugard (co-animateur du Plan de Rénovation énergétique des bâtiments) et composé de Philippe Nunes (directeur d'EnerJmeeting) ; Emmanuel Acchiardi (Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages) ; Pierre Mascloux (responsable du CSTB'Lab) ; Pauline Polgar (directrice des rédactions de Batiactu) et Grégoire Noble (chef de rubrique Innovations).

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