AVIS D'EXPERT. Le patrimoine architectural français est très riche et nécessite une attention particulière. Pour mieux le préserver, architectes et bureaux d'études peuvent mener divers types d'analyses. Le groupe Ginger dresse une liste des caractéristiques à prendre en compte avant de lancer des travaux de rénovation.

La France compte plus de 44.000 immeubles protégés au titre des Monuments Historiques. Un patrimoine d'une incroyable richesse qui jouit d'une grande popularité auprès de la population - en témoigne le succès de l'opération lancée par la Française des Jeux avec Stéphane Bern - mais qui souffre d'un état de délabrement croissant. Comme le rappellent les experts de Ginger, les siècles ne se traversent pas impunément, et les désordres résultent souvent des stigmates du passé. C'est pourquoi l'entretien de ces monuments est d'une importance capitale, lui qui passe par une première étape de diagnostic préalable. Cette phase doit en effet permettre de déceler puis comprendre les désordres et pathologies de la construction, avant que ne soient lancées des actions correctives adaptées. Mais il existe des spécificités techniques à prendre en compte.

 

Tout d'abord, une intervention sur un bâtiment classé est soumise au contrôle d'un architecte en chef des monuments historiques (ACMH) et nécessite de nombreuses précautions. Des contraintes liées à l'usage du lieu doivent être intégrées afin de ne pas perturber les visites d'un musée, de limiter le bruit ou les poussières éventuelles. Ginger ajoute : "Concernant les techniques utilisées, de façon générale, les essais non destructifs seront préconisés, sans prélèvement de matière, pour ne pas endommager l'ouvrage : auscultation radar, thermographie infrarouge, auscultation sonique". Si toutefois des prélèvements devaient être faits, Ginger souligne qu'il convient de limiter la taille des échantillons au strict minimum, de façon à ne pas dénaturer l'œuvre. Pour la pose d'instrumentation dans le cadre d'une surveillance à long terme, là aussi, un soin sera apporté au positionnement discret des capteurs.

 

Le diagnostic reposera aussi sur une analyse documentaire historique et technique. Il est là question de plans et de données issues de chantiers précédents, qui donneront une meilleure compréhension des lieux, y compris l'explication de certains désordres liés à des interventions inopportunes. Les investigations permettront de déterminer la nature des matériaux utilisés, une caractérisation cruciale pour s'approcher ensuite au maximum du rendu esthétique originel. "Par exemple, dans le cadre d'un bâti en béton, des analyses avec essais in situ peuvent être réalisées pour se rapprocher au plus près du même type de gravillons et proposer une rénovation répondant aux exigences", explique Ginger. L'intérêt sera également d'en découvrir davantage sur les techniques utilisées à l'époque de la construction ou de la restauration d'un bâtiment.

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