Les Schémas régionaux éoliens ont été mis en place il y a 2 ans. Mais le développement des parcs de turbines ralentit de plus en plus, et les difficultés s'accumulent. L'association France Energie Eolienne dresse un état des lieux et formule des vœux pour 2013.

Créés par la loi Grenelle I et modifiés par Grenelle II en 2010, les Schémas régionaux éoliens (SRE) doivent définir, dans les 22 régions françaises, les zones favorables au développement de cette source d'énergie, en concertation avec les acteurs (préfectures, populations, bureaux d'études, professionnels). A ce jour, et même si le gouvernement avait fixé le mois de septembre 2012 comme date limite, seuls 18 schémas ont été adoptés : les régions Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon et Limousin manquent encore à l'appel. Une situation incohérente alors que l'éolien fait partie des énergies renouvelables nécessaires à la tenue des objectifs de 2020 en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Des schémas disparates
"Selon les régions, les schémas sont très variables : pour France Energie Eolienne (FEE), dont les groupes régionaux ont été consultés, certains sont jugés positifs, d'autres corrects - c'est-à-dire peu ambitieux - et enfin certains sont insuffisants", explique Vincent Masureel, le président des groupes régionaux de FEE. Certaines régions se distinguent par exemple par la faiblesse de leur dynamisme d'installation ou d'objectifs étant donné leur gisement potentiel (Limousin, Auvergne, Franche-Comté). "A l'inverse, d'autres régions se sont fixé des objectifs ambitieux sans accorder la place suffisante pour installer les parcs éoliens", poursuit le responsable des régions de la FEE, qui évoque notamment le cas de la région Centre. "L'objectif est important (2.600 MW installés en 2020) mais les zones sont trop petites et trop morcelées pour pouvoir déployer toutes les éoliennes nécessaires". Car cette puissance correspond à environ 1.300 turbines…

 

Surcoûts et raccordement
Autre écueil, les "schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables" (S3RENR), qui doivent être adoptés 6 mois après la publication des schémas régionaux climat air énergie (SRCAE) dont les SRE font partie. "Certaines régions locomotives, comme la Picardie et Champagne-Ardenne les ont déjà adoptés de façon anticipée mais la plupart restent en discussion", précise Serge Malaup, président de la commission Raccordement à la FEE. Et un premier constat doit être dressé : les quotes-parts qui servent à financer les nouveaux ouvrages à créer (lignes électriques, postes de livraison, postes sources) s'avèrent trop importantes. "Si cette quote-part est de 0 €/MW en Alsace, du fait de la production anticipée très réduite de 100 MW, c'est qu'il n'y a pas besoin de nouveaux ouvrages pour la gérer". En revanche, cette quote-part grimpe à plus de 20 k€/MW en région Centre ou en Bourgogne, à 50 k€/MW en Champagne-Ardenne et Picardie, et dépasse les 80 k€/MW en Midi-Pyrénées. Ce qui revient à doubler le coût du raccordement actuel (80 k€/MW). "Dans ces conditions, de nombreux projets doivent être abandonnés". La Commission de régulation de l'énergie (CRE) avait émis des réserves sur les surcoûts engendrés mais n'avait pas été suivie par le gouvernement. La FEE a donc déposé un recours en contentieux contre le décret S3RENR devant le Conseil d'Etat, au mois d'octobre dernier.

 

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