Batiactu : Carrières et biodiversité, est-ce une histoire déjà ancienne ?
Nicolas Vuillier :
Le lien entre les activités de carrières et la biodiversité est bel et bien direct. Les potentialités écologiques des carrières ont suscité l'intérêt des naturalistes et des scientifiques dès les années 1970. Les relations qui se sont tissées au fil du temps entre la profession, les associations environnementales et la communauté scientifique ont permis de réaliser des programmes d'études et, ainsi, d'améliorer la connaissance des écosystèmes et de leur fonctionnement, de définir de bonnes pratiques de gestion et d'aménagement des carrières et de les diffuser sous forme de guides. Par ailleurs, la profession s'est dotée d'une démarche de progrès environnemental qui a contribué à la diffusion de ces bonnes pratiques.

 

Batiactu : Concrètement, cela représente quelles actions sur le terrain ?
Nicolas Vuillier :
Nous menons donc depuis plusieurs décennies des actions pour une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les activités de carrières, au-delà des seules obligations réglementaires. En juin 2012, pour aller plus loin, l'UNPG s'est engagée à contribuer à la déclinaison de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) en définissant une politique et un programme d'actions spécifique répondant aux enjeux du secteur. En décembre 2012, Delphine Batho, ministre de l'Écologie, a également officiellement 'reconnu SNB' l'engagement volontaire de l'UNPG à la stratégie nationale pour la biodiversité.

 

Batiactu : Enfin, que représente l'activité des granulats en 2012 ?
Nicolas Vuillier :
La production de granulats en 2012 représente aux alentours de 380 millions de tonnes alors qu'in en recensait près de 425 millions de tonnes en 2008. On perd donc près de 80 millions de tonnes en quatre ans ! En clair : nous enregistrons un net recul d'activité malgré les chantiers d'envergure comme la LGV à Bordeaux ou à Montpellier. C'est donc assez difficile compte tenu de la conjoncture économique car près de 80 % de nos marchés sont issus de la commande publique. On ne voit pas de signaux positifs à court terme : le programme Duflot ne devrait pas créer des effets très rapidement et la future loi de Décentralisation impliquant la suppression de certaines compétences des conseils généraux et des collectivités nous inquiètent également. En résumé : nous ne voyons pas d'éclaircies pour notre profession d'ici au second semestre 2015.

 

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