TRANSPORTS. Elisabeth Borne a dévoilé une série de mesures, qui seront intégrées à la future loi d'orientation des mobilités, visant à développer le secteur particulier de la logistique urbaine, qui concerne la livraison finale des marchandises.

C'est en inaugurant la plateforme multimodale Chapelle International dans le 18e arrondissement de Paris, que la ministre des Transports a présenté diverses mesures destinées à développer la "logistique urbaine". Elisabeth Borne a d'ailleurs salué "un site exemplaire permettant de mieux organiser les flux de marchandises dans la capitale, associant à la fois efficacité économique, exigence écologique et respect de ses habitants". Car le secteur de la logistique est en plein essor : il représente déjà 10 % du produit intérieur brut national et concerne 1,8 million d'emplois, et la croissance mondiale de cette activité est de +15 % par an. Le ministère des Transports fait remarquer que l'évolution des modes de consommation, et notamment l'explosion du commerce en ligne, porte ce secteur économique : au lendemain du Black Friday, jour de remises importantes, un million de colis ont été livrés rien qu'à Paris !

 

Intermodalité et rénovation des infrastructures ferrées

 

D'où l'intérêt de soutenir un développement raisonné et efficace, qui sera intégré au projet de loi d'orientation des mobilités, prochainement présenté en conseil des ministres. Elisabeth Borne a dévoilé quatre premières mesures : il s'agira notamment d'avoir "une vision globale et cohérente de la mobilité intégrant les personnes et les marchandises". Les collectivités territoriales, par exemple, devront obligatoirement incorporer ces aspects logistiques lors de leurs réflexions de planification urbaine. Autre point, l'accès à l'information des conditions de livraison afin d'optimiser les flux. Une plateforme numérique nationale unique sera créée pour centraliser les règles de circulation issues d'arrêtés spécifiques. Les calculateurs d'itinéraires en temps réel n'en seront donc que plus pertinents. La ministre des Transports prévoit également de soutenir l'installation de terminaux multimodaux urbains, à l'image de Chapelle International dans le nord de Paris. Les collectivités auront la possibilité d'adapter la fiscalité locale à ces nouveaux terminaux ferroviaires. Enfin, des chartes sur la logistique durable en ville seront déployées nationalement, comprenant des outils méthodologiques et des bonnes pratiques à suivre, voire un accompagnement pour la mise en œuvre d'actions d'économies d'énergie dans le secteur de la livraison. Cinq territoires (Montpellier, Lille, Dieppe, Cannes-Grasse) ont déjà participé à une expérimentation en ce sens en 2017-2018.

 

Dans le même temps, le ministère entend relancer le fret ferroviaire via le transport combiné et l'intermodalité. L'aide dédiée sera maintenue pendant 5 ans, pour un montant global de 135 M€. Des lignes dites "capillaires" seront remises en état avec une contribution de l'Etat de 10 M€ par an pour les opérations de rénovation, elle aussi pérennisée. Les voies de services bénéficieront quant à elles d'investissements d'au moins 20 M€ par an de la part de SNCF Réseau au cours des trois prochaines années. Elisabeth Borne a également demandé à l'entreprise de "revoir la trajectoire des péages à la charge du fret ferroviaire" pour préserver la compétitivité du secteur, avec un soutien public pour prendre en charge les écarts financiers. D'autres mesures seront annoncées dans le cadre du volet "programmation des infrastructures" du projet de loi d'orientation des mobilités.

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