RENOUVELABLES. La centrale à charbon de Cordemais, en Loire-Atlantique, ne sera finalement pas convertie en installation biomasse, ont annoncé l'électricien national et le ministère de la Transition écologique. La raison : le coût trop élevé du projet et le retrait d'un partenaire industriel.

La reconversion de la centrale à charbon de Cordemais, en Loire-Atlantique, n'aura finalement pas lieu. Le ministère de la Transition écologique et EDF, propriétaire du site, ont annoncé ce 8 juillet que le projet "Écocombust" de développement d'un combustible à base de bois "déchets" était abandonné. Initié en 2015 par l'électricien national, le projet ambitionnait d'adapter la centrale à la production de granulés en créant sur place une usine dédiée. Les études de "faisabilité technique et environnementale" avaient d'ailleurs été réalisées, avec le soutien des collectivités et acteurs territoriaux.

 

Manque de retour d'expérience et flambée des prix des matières premières

 

Mais la conjoncture est passée par là, obligeant EDF à laisser tomber cette reconversion symbolique. "Deux raisons principales ont conduit à cette décision : le coût du projet qui ne permettrait pas de garantir un prix attractif du produit final et le retrait récent du partenaire industriel qui était à nos côtés", précise le groupe dans un communiqué. Plus précisément, "le caractère très innovant et le manque de retour d'expérience sur ce type de produit" auraient eu raison de la transformation de la centrale, sans compter "l'envolée récente des prix des matières premières". Autant de raisons qui auraient contribué à fragiliser le modèle économique du projet.

 

Le partenaire avec lequel EDF "avait ouvert les discussions concernant le traitement des effluents de l'usine de production de granulés" a de plus jeté l'éponge, une décision qui a chamboulé tout le calendrier de l'opération : "Ce retrait entraînant un retard dans la date de mise en service industrielle à 2024, la centrale de Cordemais n'aurait pas pu produire de l'électricité via un combustible alternatif au charbon sur la période 2022-2024", détaille l'énergéticien. Lequel assure au passage que sa décision n'aura cependant "pas d'impact sur l'emploi" du site.

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