Des artisans et des avocats bâillonnés en signe de protestation contre le projet de loi sur le Travail ? Voilà la dernière campagne de mobilisation des fédérations d'artisans et de professions libérales, qui fustigent le texte et notamment ses dispositions sur la représentativité patronale et le dialogue social. Explications.

Inquiètes. Les fédérations d'artisans (UPA), d'employeurs de l'économie sociale et solidaire (UDES) et des professions libérales (UNAPL) le sont et le montrent. A travers une campagne commune lancée ce lundi dans la presse, où l'on voit des artisans, des commerçants et des magistrats bâillonnés, ils veulent dire leur profond désaccord à propos du projet de loi Travail.

 

Et notamment contre les dispositions relatives au dialogue social et à la représentativité patronale. Les fédérations, dans un communiqué commun, expliquent que le texte « modifie de façon substantielle les règles du dialogue social. En privilégiant l'accord d'entreprise à l'accord de branche, il affaiblit les compromis existants et adaptés aux TPE/PME ». Avant d'ajouter : « Il modifie par ailleurs, les règles de la représentativité patronale établies en 2014, en plein accord avec toutes les organisations patronales ».

 

Ni souplesse ni soutien, déplorent les professionnels

 

Les professionnels craignent ainsi une « marginalisation » de leurs entreprises, au profit des grandes entreprises. Et de rappeler que les TPE/PME représentent 98% des entreprises du pays et qu'elles sont « le socle de l'emploi de proximité, non délocalisable ». Elles craignent surtout d'être « écartées des instances du dialogue social », et le fait qu'elles ne pourront plus « défendre leurs modes d'entrepreneuriat et leurs besoins spécifiques ». Avant d'asséner : « Des branches professionnelles disparaîtront ». Les fédérations déplorent aussi qu'elles attendaient « soutien et souplesse », et qu'au final, « ce ne sera ni l'un ni l'autre » !

 

Refusant cette fatalité, le combat continue, et depuis ce lundi par voie de presse. Hier, 62 titres avaient diffusé une insertion d'une page. L'action se poursuit sur le web et les réseaux sociaux à partir du site www.tpepmeendanger.fr. Les internautes et les utilisateurs de smartphone sont même invités à poster des selfies ou une photo de la vitrine de leur commerce préféré. Des documents qui rejoindront le mur des TPE/PME en France.

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