ÉNERGIE. L'UFC-Que choisir a interpellé, ce jeudi 27 septembre 2018, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, sur la situation des ménages précaires disposant d'un compteur Linky. Selon l'association de consommateurs, le risque de coupures pour impayés est accru et le dispositif d'information sur la consommation en temps réel n'est pas prêt de voir le jour.

Ce jeudi 27 septembre 2018, l'UFC-Que choisir a publié une alerte pour les ménages en précarité énergétique disposant du compteur Linky. L'association interpelle le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, sur la mise en place d'un afficheur déporté qui informe en temps réel sur la consommation, ainsi que sur le risque accru de coupure d'électricité pour impayés. Dans un premier temps, l'UFC-Que choisir déplore la non-publication de l'arrêté indispensable pour couvrir les frais des fournisseurs distribuant l'afficheur déporté permettant un suivi en temps de la consommation. Prévue pour le 1er janvier 2019, sa mise en place pourrait être reportée voire enterrée "en catimini", craint l'association. Pour rappel, ce dispositif devait être mis à disposition de tous les consommateurs, mais un article de la loi Transition énergétique pour la croissante verte de 2015, l'a limité aux ménages précaires.

 

Des mesures pour 5,6 millions de ménages

 

Dans un second temps, l'association de consommateurs dénote un risque accru de coupures énergétiques pour impayés. La technologie Linky permet au distributeur (Enedis) de limiter ou couper l'électricité à distance. Afin de limiter les dérives, la Commission de régulation de l'énergie a imposé à Enedis de se déplacer sur site avant toute coupure pour impayés. Cependant, l'UFC-Que choisir explique que l'énergéticien français n'a pas d'impératif de résultat et n'a donc pas l'obligation de rencontrer le consommateur, ni de laisser un avis de passage en cas d'absence. L'association craint alors une augmentation du nombre de coupures pour impayés par manque d'avertissement des utilisateurs.

 

A la suite de ces deux "alertes", l'UFC-Que choisir appelle le ministre de la Transition énergétique et solidaire à prendre des mesures pour les 5,6 millions de ménages souffrant de précarité énergétique : "Assurer le financement des afficheurs déportés afin que les fournisseurs puissent les proposer aux consommateurs précaires et renforcer le contradictoire dans la procédure de coupure d'électricité ou de limitation de puissance, afin d'éviter des interruptions d'électricité hâtives et sans discernement". Enfin, mettant en avant les 300.000 signatures de sa pétition sur Linky, l'association demande à François de Rugy de plus amples informations sur les résultats des travaux de la Commission de régulation de l'énergie et d'Enedis concernant la "sur-rémunération du projet Linky".

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