RÉSEAUX. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a réagi face aux inquiétudes et manifestations d'une partie de la population contre les nouveaux compteurs intelligents Linky. Nicolas Hulot a demandé à Enedis de modifier sa stratégie de déploiement et de revoir les coûts de l'opération.

Nicolas Hulot s'est exprimé, ce lundi 2 juillet 2018, pour répondre aux interrogations d'une partie de la population sur les compteurs intelligents Linky. Le ministre de la Transition écologique a réuni des associations de consommateurs, des distributeurs et des producteurs d'énergies ainsi que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour faire un point sur le déploiement des boîtiers verts, sur les inquiétudes qu'ils suscitent et le coût des opérations.

 

Critiquées par la Cour des comptes dans un rapport publié en février 2018, les conditions de rémunération d'Enedis ont été jugées "généreuses" par l'institution. En réaction à cela, Nicolas Hulot a demandé qu'un "travail soit engagé avec la CRE et Enedis pour envisager les possibilités de rémunération de l'opérateur. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de rémunérer au juste niveau Enedis pour ce déploiement industriel de grande ampleur", indique le ministère. Pour rappel, la Cour des comptes a estimé que l'installation des compteurs Linky coûterait 5,4 Mrds €.

 

Un champ électromagnétique trois fois inférieur à celui d'un écran de télévision

 

Concernant la protection des données personnelles, Nicolas Hulot conçoit que "les conditions ne sont cependant pas toujours claires pour les consommateurs qui ne savent pas à quoi ils s'engagent". Il demande ainsi à Enedis et aux fournisseurs d'énergies de faire preuve de plus de transparence et de pédagogie. Malgré cela, il assure que les "toutes les dispositions réglementaires sont en place pour garantir la confidentialité des données de tous les utilisateurs".

 

Sur la question des effets nocifs supposés de l'automate, "il est peu probable que l'exposition aux ondes émises puisse engendrer des effets sanitaires à court ou long terme", indique un rapport de juin 2017 de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Cette dernière précise également que les niveaux d'exposition générés par les compteurs communicants sont très faibles par rapport à la réglementation en vigueur. Cependant, Nicolas Hulot a sommé Enedis d'être attentif aux personnes se prévalant d'électro-sensibilité. De plus, les acteurs présents ont tenu à rappeler que l'Agence nationale des fréquences (ANFR) propose aux français une mesure gratuite de leur exposition associée à des objets communicants comme Linky.

 

626 communes contre Linky

 

A l'heure où la plateforme opérationnelle des Anti-Linky (POAL) recense 626 "communes libérées" du compteur communiquant et où les manifestations contre le boîtier vert se multiplient, comme à Rodez ce dimanche, Nicolas Hulot a annoncé la relance du comité de suivi qui se réunira en octobre 2018, pour faire un point sur les avancés demandées. "Linky est la première brique des réseaux intelligents et connectés, qui doivent nous faire entrer pleinement dans la transition énergétique, au plus près des consommateurs. Il est important que ce grand programme se déploie dans les meilleures conditions opérationnelles et économiques et soit bien compris des Français, qui doivent être rassurés sur la qualité et la transparence du travail mené par tous les acteurs pour offrir un service performant et sûr à tous", a conclu le ministre de la Transition écologique et solidaire.

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