Le Conseil d'Etat aurait rejeté le projet de ligne de TGV entre Poitiers et Limoges, un chantier que la commission "Mobilité 21" avait jugé non prioritaire pour les infrastructures en France, rapporte mardi 2 décembre une lettre spécialisée. Explications.

Deux mois après que le chef de l'Etat a réitéré son soutien aux élus du Limousin en faveur de la ligne à grande vitesse (LGV) Poitiers-Limoges, "le conseil d'Etat vient de dire au Gouvernement qu'il rejette le projet sur le fond (...). Ce rejet de la déclaration d'utilité publique (DUP) embarrasse au plus haut point", écrit mardi 2 décembre la lettre spécialisée Mobilettre.

Un rejet de la déclaration d'utilité publique pas confirmé par le conseil d'Etat

D'après, en effet, cette publication consacrée à la mobilité, qui ne précise pas ses sources, le conseil d'Etat aurait rejeté la déclaration d'utilité publique (DUP) d'un chantier estimé
, en 2011 à 1,6 milliard d'euros. Interrogé par Batiactu, mardi 2 décembre, le conseil d'Etat se refuse à tout commentaire, précisant tout de même qu'il s'agit d'un avis et non d'une décision de rejet du projet.

 

Ce refus de la part du conseil d'Etat intervient dans un contexte où les critiques contre un système TGV devenu trop coûteux se multiplient, notamment de la part de la Cour des comptes fin octobre dernier.

 

Pour rappel : le projet de réalisation de la LGV Poitiers-Limoges comprend 112 kilomètres de ligne à grande vitesse et vise à désenclaver le centre de la France en plaçant Limoges et Brive-la-Gaillarde respectivement à deux heures et trois heures de Paris. Après cinq ans d'études et de concertation, la future ligne avait reçu, en septembre 2013, un avis favorable de la commission d'enquête.

Seules deux lignes à grande vitesse approuvées par la commission "Mobilité 21"

Pour que le projet puisse encore se concrétiser, la déclaration d'utilité publique doit être octroyée le 12 janvier prochain au plus tard, nous signale-t-on. A noter que seules deux lignes à grande vitesse avaient trouvé grâce aux yeux de la commission "Mobilité 21", dans le rapport issu du Grenelle de l'Environnement en 20117, c'est-à-dire Bordeaux-Toulouse et Roissy-Picardie. Les deux derniers grands chantiers de LGV attribués ont été lancés en 2011: la ligne Tours-Bordeaux, confiée à Vinci, et la desserte Bretagne-Pays de Loire, remportée par Eiffage.

Dans un contexte budgétaire "serré", il recommandait de mettre plutôt l'accent sur les dessertes de proximité et l'amélioration du réseau existant.

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