INNOVATION. En cette fin d'année 2019, l'incubateur du major Vinci, baptisé Leonard, poursuit son accompagnement des start-up en accueillant 11 projets innovants dans les secteurs de la construction, des transports, de la sécurité et de la robotique. Les jeunes pousses tricolores sont particulièrement bien représentées dans le BTP.

Nouvelle salve d'arrivées chez Leonard de Vinci. L'incubateur du major français du BTP dédié à l'innovation accueille en cette fin d'année 2019 une dizaine de jeunes pousses spécialisées dans les secteurs de la construction, des transports, de la sécurité et de la robotique. Une logique d'accompagnement et de soutien à des start-up qui s'était déjà illustrée vers la mi-décembre par le biais du programme Seed, lequel avait pris sous son aile sept entreprises évoluant dans la construction modulaire, l'impression 3D du béton et la technologie Hyperloop. Cette fois, c'est au tour du programme Catalyst d'héberger dans les locaux de Leonard, situés dans le XIIe arrondissement de Paris, 11 projets innovants. Le but : "accélérer les coopérations entre Vinci et les start-up ou scale-up [une start-up qui affiche déjà un certain rendement, ndlr] en phase de déploiement commercial".

 

Pour sélectionner ces sociétés, Vinci s'est entretenu tout au long de l'année avec ses partenaires français et internationaux - particulièrement espagnols, allemands, britanniques, canadiens et étasuniens -, qu'il s'agisse d'institutions, d'écoles ou encore de fonds d'investissements. D'après le major, les 11 lauréats bénéficieront d'un interlocuteur dédié dans l'équipe de l'incubateur, faisant le lien avec les entités du groupe Vinci et couvrant toutes les étapes du processus, de la prise de contact à la contractualisation. De plus, les décideurs des jeunes pousses pourront s'entretenir avec ceux des différentes branches du major, tout en participant aux évènements organisés par Leonard. Les entreprises internationales verront aussi leurs conditions d'accès aux marchés français et européen facilitées.

 

Consultations de sous-traitants, anticipations de la RE2020, pilotage des chantiers, sécurité des compagnons...

 

Alors, qui sont ces start-up retenues pour travailler avec Vinci ? Elles sont nombreuses dans le secteur du bâtiment et des travaux publics : tout d'abord, la société française AOS cherche à optimiser "l'ensemble du processus de consultations de sous-traitants dans le secteur du BTP" via un logiciel simplifiant le lancement, le suivi et l'analyse des offres "pour permettre aux équipes techniques de se concentrer sur leur coeur de métier". La jeune pousse Combo Solutions, elle aussi tricolore, propose une solution d'analyse de cycle de vie automatisé baptisé Vizcab, qui s'adresse aux professionnels de la construction et de l'immobilier pour "maîtriser les ambitions énergie+carbone de leurs projets et de réussir pleinement le virage de la Réglementation Environnementale 2020". Toujours en provenance de l'Hexagone, la start-up Hiboo se présente comme une application SaaS (ou littéralement "logiciel en tant que service") épaulant les acteurs du BTP pour optimiser le pilotage des chantiers. Installée sur un serveur distant, "Hiboo centralise en un point unique les données émises par toutes les machines connectées et les transforme en valeur métier".

 

On traverse ensuite la Manche pour découvrir l'entreprise Converge, basée au Royaume-Uni, qui pour sa part utilise l'intelligence artificielle "pour créer des jumeaux numériques d'ouvrages". Concrètement, ce projet consiste à installer des capteurs sans fils sur les chantiers, dans les usines de préfabrication et au sein des chaînes logistiques pour ensuite combiner leurs données avec les modèles BIM, les programmes d'opérations et des données économiques plus larges. Enfin, la société américaine Holobuilder conçoit, développe et commercialise des logiciels Saas destinés aux entreprises. Installée à San Francisco (Californie), elle propose "des solutions de capture de réalité pour l'analyse des progrès et la gestion de projets de construction", en combinant notamment les données d'imagerie à 360° avec le "machine learning", ou l'apprentissage automatique.

 

La sécurité des compagnons constitue l'autre pendant des entreprises spécialisées dans la construction accueillies chez Leonard de Vinci. Plateforme de suivi biométrique, la société étasunienne Kenzen "s'appuie sur un wearable [technologie portative, comme un vêtement connecté, ndlr] intelligent pour prévenir les troubles liés à la chaleur et aux efforts excessifs dans l'industrie et le BTP". Smartvid.io, également originaire des Etats-Unis d'Amérique, s'est quant à elle spécialisée dans la prédiction et la prévention des risques d'accidents de chantiers "à travers l'analyse d'images et de flux vidéo captés" sur site, et grâce à son outil d'IA, baptisé "Vinnie". En termes de robotique, c'est cette fois la jeune pousse israélienne Civdrone qui intègre l'incubateur, en développant des solutions de marquage qui se veulent rapides, intelligentes et fiables, le tout embarqué sur des véhicules sans pilote. "L'implantation autonome permise par Civdrone est quatre fois plus rapide que l'arpentage traditionnel", argue la société. "Chaque piquet encode des instructions de construction accessibles aux équipes", l'objectif étant que "la numérisation et l'automatisation du processus de marquage raccourcissent le temps de construction, réduisent le nombre d'erreurs sur les chantiers et les coûts finaux".

 

Mieux programmer et financer les infrastructures, mieux prévenir et gérer les incidents

 

D'autres activités sont représentées dans le programme Catalyst de Leonard de Vinci, comme l'immobilier : ici, c'est la jeune pousse Spacemaker, d'origine norvégienne, qui présente son projet. Se basant sur l'intelligence artificielle "pour simuler et explorer des millions de variantes instantanément", elle propose aux équipes de développement d'un projet immobilier "d'orienter la programmation et la conception vers un optimum spatial, réglementaire et d'usage". La start-up canadienne Direxyon évolue pour sa part dans les infrastructures : il s'agit d'une plateforme de modélisation financière "qui définit les options d'investissements physiquement et financièrement les plus rentables pour réduire les Opex/Capex [dépenses d'exploitation/dépenses d'investissements, ndlr] requis par les niveaux de service souhaités des actifs et infrastructures". La solution se veut sécurisée et conviviale, ne nécessitant pas de code de programmation.

 

Liée aux infrastructures, la question des mobilités s'illustre au travers de l'entreprise américaine Waycare, qui offre la possibilité aux gestionnaires d'infrastructures de transports "de prendre le contrôle total de leurs routes". En fait, cette plateforme "cloud" utilise l'intelligence artificielle ainsi que des algorithmes propriétaires "pour produire des informations précieuses pour l'industrie de la gestion du trafic". Pour cela, des données sont compilées en provenance des applications de navigation, de l'infrastructure urbaine, des véhicules connectés ou encore des prévisions météorologiques. In fine, le but est de faire de la prédiction et d'amplifier la collaboration entre les différentes parties, en identifiant les incidents plus rapidement et en les prévenant autant que faire se peut.

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