RENOVATION. Suite aux différentes alertes lancées ces derniers temps sur l'état des infrastructures de transports, la Caisse des dépôts se serait déclarée prête à débloquer un milliard d'euros pour aider les collectivités territoriales à financer les opérations de modernisation des routes et ouvrages d'art.

La Caisse des dépôts et consignations, présentée comme le bras financier de l'Etat, aurait-elle pris au sérieux les différentes informations parues ces derniers temps sur l'état des infrastructures de transports en France ? A bientôt deux mois de l'effondrement du viaduc de Gênes (Italie), les pouvoirs publics se sont emparés du sujet, et le ministère des Transports a publié une liste de 23 grands ponts plus ou moins dégradés dans l'Hexagone. Sauf que cette liste ne concerne que des ouvrages d'art présents sur le réseau routier national ; or un grand nombre de ponts est également géré par les réseaux départemental et communal. D'après l'Agence France Presse, la Caisse des dépôts serait prête à débloquer une enveloppe d'un milliard d'euros pour aider les collectivités territoriales à financer les travaux de rénovation des infrastructures. L'AFP se base sur plusieurs sources, dont la FNTP (Fédération nationale des travaux publics), par la voix de son président Bruno Cavagné : "La Caisse des dépôts s'est proposée de débloquer un milliard d'euros pour aider les collectivités", a assuré celui-ci, précisant que les prêts en question seraient de long terme, afin d'établir un diagnostic de l'état des ponts puis d'engager d'éventuelles réhabilitations.

 

La Caisse attendrait le verdict de Bercy

 

Ce système de prêts transiterait par la Banque des territoires, nouvelle branche de la Caisse des dépôts lancée il y a peu et davantage orientée vers les collectivités. "Nous, ce qui nous inquiète, c'est tous les ponts des collectivités locales : plus la collectivité est petite, plus c'est difficile" sur le plan financier, souligne Bruno Cavagné à ce propos. L'AFP a contacté une autre source au sein de la Caisse des dépôts, qui se veut plus prudente. L'enveloppe en question "n'en est qu'aux limbes de la réflexion", ajoutant : "Nous, on serait tout à fait partants, mais c'est conditionné à l'avis de Bercy". L'établissement bancaire public attendrait donc le feu vert du ministère de l'Economie et des Finances, et donc par extension l'aval du gouvernement, pour trancher. "En tout cas, ce serait bien trop restrictif de ne parler que des ponts : il s'agirait de toutes les infrastructures de transports", poursuit cette source. En outre, le montant d'un milliard d'euros ne pourrait être confirmé avant que les "besoins" des collectivités ne soient véritablement chiffrés. Pour l'heure, le ministère des Transports et les collectivités s'assureraient que ces dernières aient "bien toutes les ressources" nécessaires au diagnostic des ouvrages d'art.

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