EXÉCUTIF. Présentées comme des mesures-pivot du futur plan de relance, les récentes annonces en faveur de l'emploi des jeunes et des impôts de production font l'objet d'une communication gouvernementale plutôt chaotique. Certains sujets ont dû être clarifiés, d'autres restent dans le flou.

Le "nouveau chemin" voulu par Emmanuel Macron et Jean Castex ne semble pas encore tout à fait limpide. Déjà annoncées par le président de la République lors de son interview télévisée du 14 juillet puis reprises par le Premier ministre fraîchement nommé lors de sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale ce 15 juillet, les mesures en faveur de l'emploi des jeunes et la baisse programmée des impôts de production pour les entreprises ont fait l'objet ces derniers jours de communications contradictoires de la part des membres du Gouvernement.

 

 

Versions divergentes

 

Au sujet de l'apprentissage et de la formation professionnelle, l'exécutif avait visiblement tranché depuis le discours de Jean Castex en faveur d'une exonération de charges allant jusqu'à 1,6 Smic. Sauf que cette aide, dont le montant pourrait atteindre "4.000 € par an", s'appliquer pour les "moins de 25 ans", s'étaler sur "au moins un an", quelle que soit la taille de l'entreprise, et être versée pour toutes les embauches en CDI ou en CDD d'au moins 6 mois, a provoqué un cafouillage gouvernemental.

 

En effet, "le manque de précisions ou les contradictions entre ministères concernés donnent l'impression d'un manque criant de concertation" notent Les Echos, se référant aux versions (parfois largement) divergentes présentées par différents ministres en l'espace de quelques heures, d'Elisabeth Borne (Travail) à Bruno Le Maire (Economie). Prudence donc sur les détails du dispositif, qui mérite encore d'être précisé.

 

Baisse des impôts de production en deux temps

 

 

Quant à l'autre couac, celui de la baisse des impôts de production, il a aussi connu sa valse de chiffres : ce 15 juillet au soir, le Gouvernement a indiqué que cette diminution serait de 20 milliards d'euros, mais le propos avait changé depuis ce 16 juillet au matin, pour finalement tabler sur une réduction de 10 milliards d'euros. Il a fallu attendre que la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, vienne clarifier les choses sur l'antenne de BFM Business ce 17 juillet au matin : "C'est 10 milliards de baisse et c'est une baisse massive pour les entreprises", a-t-elle déclaré.

 

Au final, l'exécutif semble s'être mis d'accord sur une diminution des impôts de production de l'ordre de 20 milliards d'euros, mais à hauteur de 10 milliards par an, avec une première baisse en 2021, puis une seconde en 2022. La locataire de Bercy a de plus confirmé qu'une réduction de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) était bien la piste la plus envisagée, et qu'une autre enveloppe de 20 milliards serait débloquée pour soutenir les investissements des entreprises. "Dans le cadre du projet de loi de Finances rectificative, il y aura une enveloppe de 490 millions d'euros" qui a été "déposée sous forme d'amendement", a aussi souligné Agnès Pannier-Runacher, faisant référence au budget post-Covid actuellement débattu au Parlement.

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