FORMATION. La présidente de la Fédération nationale des groupements d'employeurs a été entendue le 18 mars lors d'une audition au Sénat. Touchés par la crise du covid-19, ces groupes n'ont perçu aucune aide. "Il est urgent d'agir", a appelé le sénateur Serge Barbary, dans une interview pour Batiactu.

La crise sanitaire a mis à mal les groupements d'employeurs. C'est le constat qu'a fait Isabelle Liberge-Lefaucher, présidente de la Fédération nationale des groupements d'employeurs (FNGE), auditionnée au Sénat le 18 mars par la délégation aux entreprises. Ces groupements peuvent parfois être la clé de voûte de TPE et PME qui buttent à accroître leur compétitivité et ne peuvent, seules, embaucher des experts dans des domaines variés, de la communication à la cybersécurité.

 

Selon l'étude du cabinet Geste de 2016, il existe moins de 5.000 groupements dans l'hexagone, dont seulement 711 hors secteur agricole, pour un total de 46.000 salariés. "Aujourd'hui, nous sommes à bout. Depuis 2014, nous vivotons avec 60.000 euros par an pour aider nos adhérents et maintenir nos outils", a lâché la présidente de la fédération, inquiète de ce que les groupes doivent affronter en temps de crise sanitaire et économique. "L'intérim a gagné du terrain sur ce qui était notre particularité notamment la création de parcours sécurisé à travers des cdi."

 

Un gage de sécurité pour les employés

 

Le groupement d'employeurs peut prendre la forme d'une association ou d'une coopérative de plusieurs entreprises qui se mutualisent. Depuis sa création en 1985, ces groupements permettent aux salariés de travailler pour plusieurs employeurs. "Pour les employeurs, cela permet de la flexibilité et pour les employés, c'est un gage de sécurité", consent le sénateur LR Serge Barbary, président de la délégation aux entreprises du Sénat, contacté par Batiactu. En effet, 70% des salariés recrutés sont en CDI. "Ce mode d'organisation d'entreprises est pourtant encore peu développé."

 

Le secteur du BTP s'est bien entendu positionné sur ce mode de travail. Récemment, le groupement d'employeurs GEIQ BTP 46 a même émis 60 offres d'emploi à pourvoir dans le département du Lot. Bien que vecteur de recrutement de salariés, les groupements d'employeurs n'ont pourtant reçu aucune aide, s'est désolée Isabelle Liberge-Lefaucher. Ils doivent maintenant affronter plusieurs défis, notamment la pénurie de compétences que rencontrent les TPE et PME mais aussi une absence d'outil statistique approprié.

 

Jouer sur la formation

 

Surtout, la réforme sur la formation professionnelle ne permet pas aux groupements d'employeurs de se tourner vers un opérateur de compétences dédié ou multisectoriel, rendant le financement de formation compliqué voire impossible. "Les groupes sont faiblement représentés au niveau national car la fédération manque de moyens, ce qui les empêche de se faire entendre auprès des décideurs politiques. Notre rôle de législateur est d'aider ce mode de travail intéressant et important, qui fonctionne au niveau local et de façon bénévole", explique Serge Babary.

 

"Nous voyons bien que c'est un modèle utile pour les filières de la construction et du BTP. Concernant l'isolation thermique dans les logements sociaux, aurons-nous le personnel qualifié pour s'occuper de cela ? Les financements sont centralisés au niveau national, c'est pourquoi il y a une mobilisation à mener. Le Sénat souhaite leur permettre un accès au financement à la formation."

 

Un élément essentiel pour répondre à la reprise économique. "Il faut jouer sur la formation, pour former aux nouvelles exigences des métiers. On observe une numérisation accrue et nous pensons que la crise va pousser 1 million de salariés à changer de métier."

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