ETUDE. La 8e édition de l'Observatoire du très haut débit est sortie et est disponible en téléchargement. Elle confirme l'accélération du déploiement de la fibre optique sur l'année 2019. Pour 2020, la crise sanitaire a obligé à revoir les prévisions. La filière affiche cependant des ambitions toujours plus grandes, tandis que les besoins se font pressants.


23 millions. C'est le nombre de lignes de fibre optique qu'il reste à déployer d'ici 2025. C'est 5 millions de plus qu'initialement prévu, comme l'indique l'Observatoire du très haut débit, dont la 8e édition a été publiée par Infranum il y a quelques jours. Pourquoi cette augmentation ? Car le parc de logements en France ne cesse de croître. Désormais, ce sont 42,4 millions de foyers qui devront être raccordés au total.

 

Avant la crise, la filière était malgré tout confiante. Les déploiements en 2019 ont atteint des niveaux records, puisque 4,8 millions de prises ont été construites. Ce qui fait de la France la championne d'Europe en la matière. 2020 commençait sur une bonne lancée : avec 20.000 lignes réalisées chaque jour ouvré avant le confinement, le déploiement pouvait atteindre 5,3 millions de prises cette année. Mais la crise sanitaire est passée par là, obligeant la filière à revoir ses prévisions à la baisse.

 

Rythme de déploiement ralenti jusqu'en 2021

 

Ainsi, elle mise plutôt sur 4,3 millions de prises construites cette année. Ce qui reste très élevé tient à rappeler le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie : "même si nous n'avons pas eu le temps de consolider les acquis après une année record en 2019, les prévisions pour 2020 restent bien supérieures à ce qui était envisagé en 2017".

 

Le rythme devrait rester ralenti en 2021, puisqu'au lieu des 5,2 millions espérées au départ, 500 000 de moins devraient l'être. Le pic est attendu pour 2022, avec 5,1 millions de lignes réalisées sur l'année. De quoi toucher du bout du doigt l'objectif initial, puisque 79% de prises seront alors raccordables au très haut débit sur le territoire, contre 80% prévus. La conjonction des conséquences de la crise sanitaire et du l'augmentation du parc de logements jouant. Mais là encore, "nous aurons triplé le nombre de prises raccordables entre 2017 et 2022 ou 2023, en stock", souligne Julien Denormandie.

 

 

Objectif confirmé et freins à lever

 

Le ministre de la Ville insiste cependant sur l'objectif 2022, qui "ne doit être décalé d'aucune manière. La covid ne justifie pas tout". Il faudra cependant lever plusieurs freins opérationnels pour y parvenir, détaille de son côté Hervé Rasclard, délégué général d'Infranum. Il évoque notamment la suppression du calcul de charge sur les appuis communs. Si des progrès ont été faits grâce à la prise d'un arrêté concernant leur mobilisation, ils restent un problème en zone RIP. Julien Denormandie s'est dit prêt à étudier cette question, "si l'arrêté ne va pas suffisamment loin sur l'aérien".
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