TRAVAUX PUBLICS. L'organisation professionnelle a adressé ses propositions pour le plan de relance au chef de l'Etat et au gouvernement. Propositions qui s'articulent d'une part autour de mesures d'urgence, à court terme donc, et d'une transition écologique sur dix ans d'autre part.

Quatre milliards d'euros à court terme, puis 10 milliards d'euros par an en moyenne pendant 10 ans. C'est le chiffrage que propose la FNTP au gouvernement pour un plan de relance des plus ambitieux. Au cœur de ces propositions : l'urgence d'une relance rapide de l'investissement, et la transformation du pays "au service de la transition écologique".

 

Un plan en deux temps donc. Car comme il l'avait encore confié à Batiactu au moment de sa réélection à la tête de la fédération, Bruno Cavagné est inquiet pour cet automne. "Les appels d'offres manquent toujours, et nous craignons un trou d'air à la rentrée", avait-il rappelé. La commande publique, source d'activité principale des TP, était en effet inférieure de 37% à la mi-juin par rapport à son niveau de 2019, et même de 51% pour le bloc communal, qui était alors encore engagé dans un processus électoral.

 

Le chapitre des élections désormais clos, la FNTP a déjà appelé les collectivités locales à "une mise en route sans délai des projets". Elle interpelle donc cette fois l'Etat, pour soutenir l'investissement public. Ces mesures, qualifiées d'urgentes, représenteraient un montant de 4 Mds€.

 

Quelques suggestions persistantes


Dans le détail, il s'agira d'augmenter d'1 milliard d'euros les dotations d'investissement, DSIL et DETR. Demande à laquelle doit répondre le troisième projet de loi de finances rectificative pour 2020, actuellement en débat.

 

Il serait également nécessaire de relever franchement le budget de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf), dont les ressources vont être très sérieusement mises à mal cette année. La FNTP aimerait le voir gonfler d'1 milliard d'euros supplémentaires, ce qui permettrait de réaliser le scénario 3 qu'avait préconisé le conseil d'orientation des infrastructures avant l'élaboration de la LOM.

 

Autre proposition, déjà évoquée par la FNTP, mais restée sans réponse jusque-là : revaloriser le FCTVA, pour inciter les collectivités à investir. Montant complémentaire à prévoir : 1,3Md€. La suppression du plafond mordant pour les agences de l'eau, mesure estimée à 500 millions d'euros par la fédération, fait elle aussi partie des suggestions réitérées. Enfin, l'organisation professionnelle estime qu'il faut accélérer le déploiement des réseaux numériques, ce qui coûterait 200 millions d'euros.

 

Miser sur le temps long et la transformation écologique

 

La seconde partie du plan proposé par la FNTP répond davantage à la logique de long terme, dans laquelle s'inscrit naturellement le monde des infrastructures. Avec comme cœur d'action la volonté d'œuvrer en faveur de la transition écologique.

 

Une obligation qui correspond d'une part aux attentes "fortes" de la population en matière de transition écologique, mis encore plus en exergue s'il le fallait durant la crise sanitaire. Mais aussi à l'une des priorités que s'est donné Bruno Cavagné pour son nouveau mandat à la tête de la fédération professionnelle, lui qui nous indiquait vouloir "engager la transformation de nos infrastructures".

 

Investissements massifs nécessaires

 

Dans le plan que la FNTP a soumis au président de la République et au Gouvernement, Bruno Cavagné en appelle ainsi à "flécher l'effort budgétaire qui devra être massif vers les infrastructures qui contribuent à la transition écologique". Seule solution pour être à la hauteur de "l'occasion historique" qui se présente pour "accélérer la transition vers une économie décarbonée", estime l'organisation professionnelle, qui rappelle que "l'usage de l'ensemble des infrastructures représente actuellement près de 50% des émissions de CO2 en France".

 

L'effort à réaliser serait de 10Mds€ par an, en moyenne sur 10 ans. Plus précisément, 2,5Mds€ devraient être consacrés à "l'essor des infrastructures de mobilité décarbonée" ; autant que pour accélérer des grands projets. En outre, il serait nécessaire, selon la FNTP, d'accorder 2Mds€ au développement des énergies renouvelables et des réseaux électriques intelligents, et autant dans la préservation de la ressource en eau et des milieux naturels. Enfin, 1Md€ devrait aller à la résilience des territoires face aux changements climatiques.

 

Bruno Cavagné qui regrettait auprès de Batiactu que "le BTP ne bénéficie d'aucun plan de relance contrairement à d'autres secteurs" espère bien cette fois que son message soit entendu, alors qu'une nouvelle équipe gouvernementale vient d'être installée.

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