MÉTIERS. Plusieurs organisations professionnelles du bâtiment viennent d'engager une étude portant sur les conditions de travail des chapistes, qui réalisent les dallages, radiers, dalles et autres planchers en bétons armés. L'objectif est de faciliter leur travail au quotidien, notamment en prévenant les troubles musculosquelettiques.

Mieux prévenir les risques liés à une activité professionnelle méconnue mais pourtant très répandue : tel est l'objectif que se sont fixé plusieurs organisations professionnelles en lançant une étude portant sur les conditions de travail du métier de dallagiste. La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), les Unions de la maçonnerie et du gros oeuvre, et des entrepreneurs des sols industriels de la Fédération française du bâtiment (UMGO-FFB et Unesi-FFB), ainsi que l'Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) viennent en effet de diligenter une enquête sur ces professionnels qui réalisent les dallages, radiers, dalles et autres planchers en bétons armés nécessitant souvent une finition mécanique.

 

 

"Leurs surfaces coulées sont généralement de 600 m²", explique un communiqué commun aux quatre organisations. "La réalisation de dalles est assurée également par des entreprises spécialisées dans la mise en oeuvre de béton dans les planchers, en construction neuve ou réhabilitation lourde, d'habitations individuelles ou collectives, ou de bâtiments tertiaires, sans avoir le caractère de surface industrielle. Leurs surfaces coulées sont plus petites, d'environ 100 m². Dans ce cas, les salariés concernés travaillent principalement pour des artisans maçons, des constructeurs de maisons individuelles et des entreprises de gros oeuvre adhérentes de la Capeb ou de l'UMGO-FFB", précise le document.

 

Cadences élevées et risques physiques

 

Le problème étant que les chapistes peuvent se voir imposer des cadences élevées et être exposés à des risques physiques, notamment des troubles musculosquelettiques, en raison des poids portés et des postures contraignantes. De même, ils sont amenés à utiliser des produits chimiques et à inhaler des poussières minérales. C'est pourquoi les quatre organisations se sont rapprochées pour réaliser cette étude métier afin de faciliter leur travail au quotidien.

 

Concrètement, l'enquête va utiliser la "Méthode d'analyse et d'évaluation des conditions de travail", ou MAECT, qui consiste à observer en continu une équipe de compagnons pendant sa journée de travail, dans sa zone d'activité et dans au moins trois entreprises différentes. S'y ajoutent des mesures de métrologie, des entretiens avec des salariés et leur encadrement, ainsi qu'une analyse documentaire.

 

Quatre chantiers réalisés par des entreprises volontaires et adhérentes de chacune des organisations participeront ainsi au projet, chacun ayant une surface de dalle de 100 m² minimum : deux chantiers de construction neuve avec dallage de type industriel, un chantier de construction de maison individuelle neuve et un chantier de construction neuve ou de réhabilitation avec planchers de construction.

 

Résultats en 2025

 

 

"La première phase permettra d'observer au plus près les conditions de travail d'une équipe de 2 à 3 opérateurs sur une ou deux journées consécutives, selon 21 facteurs répartis en quatre thèmes : l'organisation, l'environnement et les risques, l'activité physique ainsi que l'activité mentale. La métrologie réalisée sur cette étude portera spécifiquement sur les poussières inhalables, l'ambiance sonore, la cardiofréquencemétrie, la mesure de vibrations mains-bras, la température et l'hygrométrie", complètent la Capeb, la FFB et l'OPPBTP.

 

Des solutions pratiques et adaptées seront proposées à l'issue de l'étude, à destination de toutes les tailles d'entreprises. Les observations sur chantiers débuteront en mars 2024 pour une restitution des résultats prévue au deuxième trimestre 2025.

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