POLÉMIQUE. Suite à l'annonce d'une éventuelle remise en cause des aides publiques au développement des panneaux photovoltaïques, le syndicat Enerplan a dénoncé "une ambiance délétère" dans un contexte de présentation du PLF 2021 et du plan de relance. D'autant que le Gouvernement prétend justement avoir mis l'accent sur la transition écologique.

Décidément, la pilule a du mal à passer. Après que la presse ait révélé que le Gouvernement envisageait une éventuelle remise en cause des anciens dispositifs d'aide au solaire photovoltaïque, la filière s'est offusquée et est immédiatement montée au créneau en demandant de s'entretenir le plus rapidement possible avec la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Pour l'heure, Bercy n'a ni infirmé ni confirmé cette information qui concernerait les aides accordées avant 2011, mais les entreprises du secteur n'ont pas du tout apprécié qu'une telle annonce ressorte dans ce contexte de présentation du projet de loi de Finances (PLF) 2021 et du plan de relance.

 

Surtout quand l'exécutif assure avoir fait de la transition écologique le cheval de bataille de ce nouveau PLF : "La méfiance est là et le silence actuel n'est pas bon", a regretté Daniel Bour, le président du syndicat des professionnels du solaire, Enerplan. "Cela crée une ambiance délétère, alors qu'une force de la France tient dans le respect de la parole de l'Etat." Estimant que cette fuite dans la presse a déjà "créé une onde de choc", le responsable pointe aussi du doigt une forme d'incohérence : "Au moment où le Gouvernement présente un plan de relance, veut soutenir l'hydrogène, la transition écologique... les gens ne vont pas se précipiter", ajoute-t-il.

 

Pour rappel, il serait ici question d'une renégociation du mécanisme d'obligation d'achat d'électricité par EDF concernant la production d'origine solaire, mis en place dans les années 2000 pour développer la filière. Ces contrats, qui pouvaient courir sur une durée maximale de 20 ans, étaient au bénéfice des personnes installant des panneaux photovoltaïques, et ont été assortis de tarifs élevés. Fin 2010, un moratoire a été instauré sur le sujet, mais certains contrats sont toujours en vigueur. Une telle renégociation permettrait à l'Etat d'économiser jusqu'à 600 millions d'euros, sachant que les particuliers ne seraient pas concernés.

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