RENOUVELABLES. Afin de tirer les enseignements de la pandémie de coronavirus et de la crise économique qu'elle pourrait engendrer, les professionnels du solaire ont signé une tribune appelant les pouvoirs publics à intégrer cette énergie renouvelable dans les plans de relance.

Les énergies renouvelables doivent être une composante majeure des plans de relance post-coronavirus. Ce message, de plus en plus présent aussi bien dans les discours des responsables politiques que dans ceux des professionnels de l'énergie, fait également l'objet d'une tribune collective intitulée "L'électricité solaire, pilier énergétique de la résilience du monde d'après" et co-signée par de nombreux représentants de la filière photovoltaïque et personnalités, dont Antoine Huard, le président du groupe de réflexion France Territoire Solaire, Richard Loyen, le délégué général d'Enerplan, ou encore Bernard Drevillon, professeur associé à l'Ecole Polytechnique. Des spécialistes qui appellent à mieux anticiper les crises futures, notamment climatiques, et pour ce faire de passer par des actes forts comme "la relocalisation des activités stratégiques", évoquée par Emmanuel Macron dès le début du confinement sanitaire. Mais les futurs plans de relance devront aussi s'accompagner "d'un rééquilibrage consistant à 'écologiser' toutes les activités" et de politiques permettant de "re-régionaliser davantage les courants économiques", comme l'a évoqué l'ancien diplomate Hubert Védrine. Pour les signataires de la tribune, cela implique de développer les circuits courts et de "réinvestir les territoires ruraux dont la faible densité deviendra de plus en plus un facteur d'attractivité".

 

 

La dépendance énergétique de l'Hexagone semble être un problème de taille pour les représentants de la filière solaire, pour des raisons aussi bien stratégiques qu'environnementales. D'où la nécessité de développer les énergies renouvelables, au premier rang desquelles l'énergie solaire "produite par des installations automatisées, digitalisées, décentralisées, foisonnantes et implantées dans les territoires au plus près des besoins". Reconnaissant que dans ce domaine aussi, "des erreurs ont été commises" en termes de délocalisations industrielles, les professionnels du secteur assurent que des relocalisations sont tout à fait envisageables "car nous disposons de l'expertise et des matières premières nécessaires". Et de préciser que "la chaîne de valeur du solaire" ne se résume pas aux seuls panneaux photovoltaïques, mais englobe également d'autres composants et fait appel à de nombreuses technologies "comme le stockage ou les réseaux intelligents". Autant de secteurs qui, d'après les auteurs de la tribune, représenteraient environ 20.000 emplois non-délocalisables répartis dans toute la France.

 

"Inutile voire contre-productif" de développer le solaire en France ?

 

Enfin, le dernier axe d'argumentation des représentants du solaire concerne évidemment la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2), avec une dénonciation au passage : "Il est regrettable que certains experts, emportés par leur attachement au statu quo, affirment que le faible contenu en CO2 du mix électrique français rendrait inutile voire contre-productif le développement de l'énergie solaire", affirment-ils. "Une étude publiée par le think-tank France Territoire Solaire et réalisée par les cabinets Artelys et I-Care & Consult [étude sur laquelle Batiactu a eu l'occasion de revenir ici], vient battre en brèche ces contre-vérités en démontrant que chaque nouveau kilowattheure solaire rajouté dans notre mix électrique, se substitue surtout à des sources thermiques (charbon, gaz) en Europe." Sur la base du bouquet énergétique que la France ambitionne d'atteindre à l'horizon de 2030, augmenter la production solaire de 30% permettrait d'économiser 3,8 millions de tonnes de CO2 supplémentaires chaque année sur le Vieux Continent.

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