MEGAPROJET. Alors que la réalisation d'Europacity est toujours au point mort et qu'une manifestation contre ce projet immobilier a lieu ce samedi 26 octobre 2019, Vianney Mulliez, président de Ceetrus, a répondu aux questions du journal Les Échos. Il explique ressentir un affaiblissement du soutien de la part de l'État.

Lancé il y a plus de dix ans, le mégaprojet Europacity est toujours en suspens. Ce jeudi 24 octobre 2019, Les Échos ont publié un entretien avec Vianney Mulliez, président de la branche immobilière du groupe Auchan, Ceetrus, investisseur principal de ce projet immobilier en partenariat avec le conglomérat chinois Wanda. A deux jours d'une nouvelle manifestation contre le projet, le maître d'ouvrage fait le point.

 

Un projet "zéro carbone"

 

"Un avenant, actant nos derniers engagements en matière environnementale, est à la signature de Grand Paris Aménagement, l'établissement public qui aménage la zone autour de la gare Val-d'Oise du Grand Paris Express de la Ligne 17. Son prochain conseil d'administration se tient le 21 novembre prochain. Une fois cet avenant signé, nous entrerons dans la procédure d'urbanisme classique. Nous déposerons une demande de permis de construire", explique Vianney Mulliez. Selon lui, une majorité d'acteurs locaux sont favorables à la réalisation du centre de loisirs et de tourisme, les habitants, les collectivités et même Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. Cependant, "depuis l'été, nous avons senti que le soutien de l'État a tiédi à mesure qu'est monté le débat sur l'artificialisation des terres. Et ce alors même que nous prenons des engagements jamais vu pour un projet de cette ampleur notamment en termes de compensation du foncier et de récréation de biodiversité", déplore le patron de Ceetrus.

 

Les engagements dont parle Vianney Mulliez sont essentiellement environnementaux, car c'est cet aspect du projet qui cristallise le plus de critiques sur le projet. Il précise : "Nous nous engageons à enrichir la biodiversité du site par la plantation de 4.000 arbres et l'introduction de plusieurs espèces animales. Notre projet se fera en plus à "artificialisation nette zéro", c'est-à-dire que nous allons recréer 80 hectares d'espaces naturels et agricoles sur des terrains pollués ou artificialisés en Île-de-France. En outre, EuropaCity sera "zéro carbone" dès 2027. De plus, sur les trois milliards d'euros d'investissement prévus, 300 à 400 millions seront consacrés aux solutions d'énergies renouvelables, ce qui en fait le plus important projet d'investissements privés dans la ville durable en France".

 

Un appel à l'État

 

Désormais, Ceetrus en appelle à l'État : "Nous attendons qu'il assume son ambition pour le Grand Paris, que le gouvernement fasse preuve de courage politique pour ne pas abandonner cette banlieue pauvre. Il ne faut pas qu'une instrumentalisation politique d'activistes écologistes conduise à oublier ceux qui vivent dans ce territoire". Face aux critiques sur l'intérêt du projet, Vianney Mulliez la joue cartes sur table : "Qui peut sérieusement affirmer que, dans le département le plus jeune de France et où le taux de chômage des femmes est le double de la moyenne en Île-de-France, il n'y a pas besoin des 10.000 créations d'emplois que générera Europacity et des 40.000 emplois supplémentaires attendus sur la ZAC du triangle du Gonesse ? Ni de la seule gare du département reliant le Val-d'Oise au réseau du Grand Paris Express ? Sans Europacity, la ligne 17 ne sera pas rentable".

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