CORONAVIRUS. En France se pose la question de la poursuite ou non des chantiers, dans un contexte de grave crise sanitaire. Plus durement touché par l'épidémie de covid19, l'Espagne n'a pas tout arrêté, même si le secteur du BTP tourne au ralenti et se retrouve dans des situations parfois complexes.

Après l'Italie, l'Espagne est le pays européen le plus durement touché par l'épidémie de coronavirus, comptant le 19 mars au matin 17.146 cas (c'est 3.431 de plus en 24 heures !), et déplorant 767 décès. Face à l'accélération fulgurante de la propagation du virus, l'état d'urgence a été décrété il y a quelques jours, et les mesures de confinement sont drastiques.

 

Malgré cela, et alors que se pose la question de la poursuite ou non des chantiers en France, nos voisins espagnols ont fait le choix d'essayer de préserver un minimum d'activité économique. Ainsi, beaucoup de chantiers sont toujours en cours sur tout le territoire. Comme en France, les salariés peuvent continuer à se rendre sur leur lieu de travail, et rien dans le décret royal relatif à l'état d'urgence ne permet de paralyser les activités de construction, explique un cabinet d'avocats andalou au quotidien ABC.

 

Dans les faits, et en l'absence de consignes claires, les travaux peuvent être interrompus par l'entreprise… à condition qu'elle ait de bonnes raisons : si les salariés sont concernés par un confinement total ou partiel qui les empêche de travailler, ou s'il devient impossible de se fournir en matériel pour continuer les travaux par exemple.

 

Des voix commencent aussi à s'élever de l'autre côté des Pyrénées

 

Une ligne de conduite qui fait écho à ce que semble vouloir imposer le gouvernement français au secteur du BTP, et un flou juridique qui ne convient pas à tout le monde. A Barcelone, la maire de la ville a demandé le 17 mars l'interdiction des travaux de construction, apprend-on dans les colonnes de La Vanguardia.

 

De leur côté, les représentants des architectes espagnols demandent au gouvernement un arrêt des chantiers pour préserver la santé de tous. Et ils pensent déjà à l'après. "Nous sommes l'un des secteurs qui comptent le plus, non seulement dans l'économie du pays mais aussi en nombre d'emplois directs et indirects, déclare le président du CGATE (Consejo general de la arquitectura técnica de Espana), Alfredo Sanz, dont les propos sont rapportés par le site Salamanca24horas. C'est pourquoi nous demandons un programme qui aidera à remettre à flot l'activité pénalisée par le coronavirus".

 

Madrid impose des contrôles

 

Parfois, les autorités locales de nos voisins décident de prendre des mesures plus contraignantes. C'est le cas à Madrid. Depuis le 18 mars, le maire de la capitale a ainsi décidé de lancer une campagne d'inspections des chantiers. La police municipale procède à des contrôles afin de vérifier que les recommandations sanitaires et les gestes barrières soient bien appliqués, rapporte notamment le journal El Pais.

 

Le site du quotidien ABC donne plus d'explications sur les points de contrôle des forces de l'ordre. Les agents vérifieront que les travailleurs respectent une distance de sécurité d'un mètre entre eux, qu'aucun regroupement ne se produise sur le chantier, comme dans les bases-vie et les différentes installations, que les équipements de protection individuelle sont bien disponibles et utilisés correctement par tous les employés, ou encore que tous aient accès à des installations pour se laver les mains. Tout manquement à ces règles pourra conduire à des sanctions, à la suspension ou carrément à la fermeture du chantier.

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