CONJONCTURE. L'opinion des entrepreneurs du bâtiment sur leur activité récente et sur l'état de leurs carnets de commandes s'est améliorée au mois d'août, d'après l'Insee. Ils se montrent également plus confiants sur l'évolution de leurs effectifs et le niveau des prix.

Après le choc économique du confinement, le climat des affaires serait-il en passe de s'améliorer dans le bâtiment ? On pourrait le penser en regardant les résultats de l'enquête de conjoncture dans le secteur réalisée par l'Insee au mois d'août 2020 : le solde d'opinion des chefs d'entreprises sur leur activité enregistrée au cours des trois derniers mois augmente pour le deuxième mois consécutif, passant de -58% en juillet à -23% en août, mais restant sous sa moyenne de longue période (-4%). Les professionnels de la filière ont en revanche été un peu moins optimistes en août (+12%) qu'en juillet (+16%) sur leur activité prévue pour le prochain trimestre, même si le solde reste largement supérieur à sa moyenne de longue période (-5%).

 

Autre signe encourageant : l'opinion des entrepreneurs sur l'évolution de leurs effectifs. Depuis le déconfinement, ils sont de plus en plus nombreux à retrouver confiance pour les perspectives d'emploi : après -17% en mai, le solde s'est redressé à -4% en juin puis 0% en juillet et enfin +1% en août (la moyenne de long terme est de -3%). Une tendance qui a pour corollaire une hausse des effectifs réalisée ces derniers mois : le solde d'opinion correspondant a lui aussi remonté la pente en passant de -24% en juin à -18% en juillet puis -14% en août, sachant que la valeur moyenne est aussi de -3%.

 

Les carnets de commandes atteignent un plus haut historique

 

L'Insee a en outre constaté que les artisans et entreprises du bâtiment ont été plus nombreux en août (-19%) qu'en juillet (-23%) à juger le niveau de leurs carnets de commandes supérieur à la normale, dépassant même le niveau de long terme (-22%). Sur cette base et compte-tenu de leurs effectifs actuels, les professionnels estiment que les commandes comptabilisées leur assurent 8,2 mois de travail. Un plus haut jamais atteint depuis la création de la série statistique en 1975, souligne l'institut, sachant que la moyenne est de 5,7 mois.

 

Malgré cela, la problématique des goulots de production ne faiblit pas : 39% des chefs d'entreprises étaient concernés en août, contre 35% en juillet. L'une des principales causes : les insuffisances de personnels pour 19% des entrepreneurs interrogés en août - ils étaient 18% en juillet et 13% en juin à l'affirmer, avec une moyenne de longue période fixée à 14%. Enfin, il y a eu moins de professionnels qui ont déclaré vouloir augmenter leurs prix en août (-14%) comparativement à juillet (-8%), le niveau passant ainsi sous la moyenne de long terme (-13%).

 

Aggravation des difficultés de recrutement et inquiétudes croissantes sur la situation de la trésorerie

 

D'autres indicateurs méritent d'être soulignés mais leur solde d'opinion a été arrêté par l'Insee en juillet et non en août : l'opinion des chefs d'entreprises sur les perspectives générales s'est établie cet été à -5%, bien au-dessus du niveau de longue période de -16%. Ces derniers ont en outre été 67% à affirmer rencontrer des difficultés de recrutement, contre 59% pour la moyenne. Toujours en juillet, leur solde d'opinion sur l'état de leur trésorerie s'est élevé à -25%, bien en-dessous de la moyenne de -10%. La problématique des délais de paiements ne connaît pour sa part pas de changement, 30% des entrepreneurs interrogés en juillet ayant fait remonter cette tendance, soit un chiffre identique à la moyenne.

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