CONJONCTURE. L'activité second-oeuvre a affiché une meilleure forme que l'activité gros-oeuvre au mois de juillet 2020, bien que les deux segments disposent du même niveau de commandes. La Banque de France note également qu'un plus grand nombre de défaillances d'entreprises ont été constatées en mai par rapport à avril, même si les chiffres restent inférieurs à mars.

Comment s'est portée l'activité du bâtiment en cet été 2020 ? Plutôt bien, si l'on en croit les bulletins de conjoncture mensuelle de la Banque de France : en juillet, l'activité du gros-oeuvre a enregistré une hausse de 5% tandis que celle du second-oeuvre profitait d'une petite envolée de 12%. L'avenir semble néanmoins plus contrasté entre les deux segments, l'un et l'autre ayant des indicateurs tantôt positifs, tantôt négatifs : bien que tous deux affichent une augmentation de leurs carnets de commandes de 16%, les perspectives sur l'évolution des effectifs sont fortes de +4% chez les chefs d'entreprises du second-oeuvre, là où les entrepreneurs du gros-oeuvre ne tablent que sur +1%. Inversement, l'opinion de ces derniers sur les devis est plus encourageante (+2%) que chez les artisans du second-oeuvre (0%). Idem pour les prévisions d'activité, qui s'élèvent à +5% dans le gros-oeuvre, contre seulement +1% dans le second-oeuvre.

 

De mai 2019 à mai 2020, le BTP a connu 8.844 procédures judiciaires, en recul de 24,6%

 

Moins d'entreprises ont en outre dû mettre la clé sous la porte : toujours selon la Banque de France, les défaillances de sociétés cumulées sur un an ont baissé de 23,5% au mois de mai dernier. Un constat qui s'observe dans l'ensemble des secteurs d'activité et pour une majorité de catégories d'entreprises, y compris pour le bâtiment et les travaux publics. En mai 2020, 291 défaillances ont été comptabilisées dans la construction, un chiffre en augmentation par rapport à avril (205) mais toujours en-deçà du niveau de mars (485). En cumul sur 12 mois, autrement dit de mai 2019 à mai 2020, le BTP a connu 8.844 procédures judiciaires, en recul de 24,6%.

 

Même constat pour les entreprises spécialisées dans les activités immobilières : avec seulement 68 défaillances en mai, le secteur connaît une nouvelle petite dégradation après avril (56), qui reste toutefois mesurée par rapport à mars (77). Sur un an, l'immobilier a connu 1.315 procédures, ce qui représente une diminution de 19,6%. Une nouvelle fois, la Banque de France explique cette situation globale par l'impact du confinement sur le fonctionnement des juridictions commerciales et l'adaptation de la réglementation, laquelle accorde des délais supplémentaires pour certaines procédures.

 

Sur un an, les micro-entreprises ont largement fait reculer leurs défaillances

 

S'agissant des types d'entreprises et tous secteurs confondus, les défaillances arrêtées au mois de mai font état de 1.576 micro-entreprises, 80 très petites entreprises, 37 petites entreprises et 26 moyennes entreprises, pour un total de 1.726 procédures. Toutes les catégories on vu leur situation s'aggraver en comparaison à avril (1.337 au total) mais restent encore loin des très mauvais chiffres de mars (2.364). Entre mai 2019 et mai 2020, les micro-entreprises ont enregistré les meilleurs scores en totalisant 38.969 défaillances (en diminution de 23,9%), les TPE 1.431 (-18,8%), les petites entreprises 695 (-18,6%) et les moyennes entreprises 312 (-6%). Les entreprises de tailles intermédiaire et les grands groupes ont, pour leur part, accusé 42 défaillances, en hausse de 16,7%.

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