DIAPORAMA. Revirement de situation dans le projet de rénovation de la Samaritaine. Le rapporteur public de la cour administrative d'appel de Paris s'est prononcé, jeudi 2 octobre, pour la suspension de l'annulation d'un permis de construire du chantier de la Samaritaine, ce qui ouvrirait, s'il était suivi, la voie à une reprise des travaux. La décision a été mise en délibéré au 16 octobre. Réactions.

Surprenant changement d'avis de la Justice administrative, qui vient de suspendre l'annulation d'un permis de construire du chantier de rénovation de la Samaritaine à Paris. Par la voix de son rapporteur public, Sonia Bonneau-Mathelot, la Justice a prononcé lors de l'audience, en appel, ce jeudi 2 octobre 2014, un "sursis à exécution" en attendant la décision de fond. Cela permettrait ainsi la reprise des travaux et des démolitions, et annoncerait la légalisation du permis de construire annulé en première instance en mai 2014, nous explique une source proche du dossier.

"Le contexte médiatique passionné"

Dans ses observations, le rapporteur public, a évoqué le "contexte médiatique passionné" entourant ce dossier, invitant justement la cour à le "dépassionner". "Il ne vous appartient pas de vous ériger en juge du bon goût", a-t-elle complété, évoquant les diverses appréciations que ce projet a suscitées.

 

D'ailleurs, elle a détaillé une foule d'éléments architecturaux des bâtiments entourant la Samaritaine pour remettre en cause ce qui était présenté comme un ensemble haussmannien uniforme. Hauteurs et toitures différentes, ornements sur certains bâtiments mais pas d'autres, pour elle, "le quartier est caractéristique d'une certaine hétérogénéité". Dès lors, le nouveau bâtiment prévu "ne nous paraît pas trancher avec le tissu existant", a exprimé le rapporteur public.

 

Rappel des faits. L'annulation le 13 mai dernier, par le tribunal administratif de Paris du permis de construire de l'îlot Rivoli -partie fondamentale du projet de rénovation de l'ancien centre commercial La Samaritaine datant de 1852 - avait donné un coup d'arrêt brutal au projet. Depuis la période d'examen des recours entrepris au cours de ces trois mois par le juge de la cour administrative d'appel de Paris, beaucoup de rumeurs et réactions vives ont circulé sur le sort du projet.

Travaux stoppés

Cela étant, les travaux sur l'emprise Rivoli sont bien stoppés depuis mai 2014. Initialement prévue en 2013, repoussée à 2014, puis 2015, la réouverture de la Samaritaine pourrait ne pas intervenir avant 2016 ou 2017. "Dans ce contexte juridique, le projet est bien chamboulé", nous avait confié Ghislain Desmarest, le responsable juridique de la Samaritaine, le 4 septembre dernier. "Notre position n'a pas changé : le Tribunal n'a pas apprécié le caractère hétérogène de la rue avoisinant des bâtiments 1 et 3 de la Samaritaine, qui n'ont rien d'Hausmannien. On pense que le tribunal a fait une erreur d'appréciation dans le bâtiment de la rue Rivoli", avait-il indiqué dans nos colonnes.

 

Désormais, les dirigeants de la Samaritaine et les porteurs du projet, l'agence japonaise Sanaa, attendent avec impatience cette décision mise en délibéré au 16 octobre prochain et enfin la décision d'appel au fond qui sera jugée dans les 6 à 18 mois prochains, nous signale-t-on. Côté réactions, aussi bien LVMH que la mairie de Paris ne souhaitent pas commenter l'avis du rapporteur public. Toutefois, l'une des deux associations, la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France (SPPEF)* qui a déposé deux recours devant la justice a confié à l'AFP : "Le sursis à exécution revient à délivrer un permis de démolir, démolir ce qui reste à démolir", a plaidé son avocat Me Arnaud de Chaisemartin.

 

*Les deux associations, la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris avaient, en effet, déposé deux recours devant la justice pour contester les permis de construire accordés fin 2012 au groupe de luxe LVMH.

 

Découvrez dès la page 2, l'article et le diaporama dédié aux coulisses du chantier de la Samaritaine

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Le chantier de la Samaritaine révèle ses coulisses (diaporama)

Samaritaine visite
Samaritaine visite © S.C.Batiactu

Quelle Parisienne ne se réjouit pas de la réouverture prochaine des magasins de la Samaritaine ? Le plus grand magasin de la capitale - fermé depuis 2005 pour mise en conformité aux normes de sécurité - devrait, en effet, rouvrir en 2015 après quelques étapes de lourde restauration. En attente toujours du permis de construire, les travaux devraient commencer en début d'année 2013. Première visite.

"Entre la Seine et la rue de Rivoli, la Samaritaine est l'une des seules occasions de moderniser le cœur historique de Paris.» Cette phrase de l'architecte Jacques Herzog reste toujours d'actualité concernant la façade de la Maison de la Samaritaine, qui a dévoilé, ce vendredi 21 septembre, ses secrets en présence de Kazuyo Sejima, architecte et chef d'orchestre de l'agence japonaise Sanaa. Porté par le groupe LVMH et un investissement de 450 M€, ce projet est « colossal ".

 

Six ans après la fermeture de la Samaritaine, la rénovation du site, qui a hébergé le grand magasin fondé en 1870 par les Cognacq-Jay, se précise bien malgré quelques vagues. "Nous sommes aujourd'hui dans l'attente des deux permis de construire, le premier concerne l'îlot Rivoli et l'autre situé côté Seine qui sépare les deux îlots , nous confie Ghislain Desmarest, responsable juridique de la Samaritaine. Au plus tard, nous les obtiendrons le 26 décembre prochain. Et le chantier devrait démarrer en début d'année prochaine car nous allons lancer la consultation classique auprès des entreprises à partir d'octobre 2012."

 

Chantier de grande envergure
Une fois le permis de construire obtenu, pour apporter une cure de jouvence à ce lieu historique de 80.000 m² au cœur du 1er arrondissement, un chantier de grande envergure va démarrer. Pour rappel, il représentera près de 1.000 personnes sur les lieux en période pleine et une rénovation de 10.729 m² de façades sur un total de 14.405 m².

 

En effet, cette "immense" restauration prévoit notamment l'apparition d'une longue façade de verre ondulée, dessinée par le cabinet d'architecte japonais Saana, donnant directement sur la rue de Rivoli. Autre modification de taille ? Une marquise surplombera la rue Baillet, qui sépare à l'heure actuelle les deux bâtiments qui forment la Samaritaine.

 

Samaritaine visite
Samaritaine visite © L'architecte Kazuyo Sejima. S.C.Batiactu
"Un vrai défi de l'époque"
"Le grand défi de ce projet a surtout été de trouver un moyen de réunifier l'ensemble des bâtiments de la Samaritaine qui pour l'instant sont assez hétérogènes surtout en particulier sur la rue de Rivoli, nous confie l'architecte Léa Hippolyte aux côtés de Kazuyo Sejima. Et l'intérêt de la réalisation a été de réussir à créer une continuité spatiale à l'intérieur en organisant trois cours qui viennent se terminer par la verrière historique et qui commencent par deux cours plus contemporaines."

 

Par ailleurs, au niveau de l'urbanisme, le cabinet d'architecte a beaucoup travaillé sur les façades existantes du bâtiment qui sont chacune marquées par "une époque avec une architecture particulière", notamment la façade de Jourdain en verre et en acier. "Nous avons essayé de réfléchir sur la partie Rivoli en continuité de ce projet en tentant de retrouver une architecture très légère", poursuivent les deux maîtres d'oeuvre. Et d'ajouter : "L'autre grand défi, par exemple, est surtout structurel et aussi réglementaire en raison des contraintes incendie qui sont très particulières dans un bâtiment commercial. Dans le Hall Jourdain, sous la verrière, en effet, nous avons essayé de conserver le plancher. Les fresques seront remises aussi en état et nous allons essayer de retrouver toutes les colorimétries d'origines."

 

Remettre ce « bijou » en état d'ici à 2015 est donc bel et bien pour l'agence Sanaa un vrai défi de "l'époque". Après la restauration de sa fameuse verrière et de ses escaliers arts décoratifs, la nouvelle Samaritaine sera alors être vêtue " d'habits de verre".

Découvrez dès la page 3, le diaporama dédié à la première visite de la Samaritaine.

Une lourde réhabilitation

Vue sur Paris depuis la terrasse

L'esprit du projet

96 logements sociaux à La Samaritaine
96 logements sociaux à La Samaritaine © Agence Sanaa
L'esprit du projet, c'est donc la mixité et le partage. La nouvelle Samaritaine portera une vision partagée et généreuse de Paris : logement, activités et services qui permettent aux Parisiens de bien vivre. La terrasse de la façade côté Seine, située au niveau 5 du bâtiment et face au quai du Louvre, pourra toujours être visitée.

L'épaisseur des bâtiments

96 logements sociaux à La Samaritaine
96 logements sociaux à La Samaritaine © Agence Sanaa
« L'épaisseur de bâtiments très importante sera de 18 mètres, précise Nicolas Foucrier, responsable des programmes de La Samaritaine,qui de facto rend impossible l'intégration de logements traversant, c'est pour cette raison que nous privilégions des logements bien orientés. »