TRÉSORERIE. Les confinements sanitaires décrétés depuis le printemps 2020 ont évidemment fragilisé la santé financière des entreprises, entraînant une aggravation des délais de paiement. Si la situation s'est ensuite améliorée au fil de l'année, les organisations représentatives du bâtiment mettent toutefois en garde sur un phénomène persistant.


Si elle a bien évidemment perturbé, voire fragilisé la trésorerie des entreprises, la crise du Covid n'a pas plombé les délais de paiement. C'est ce que le rapport 2020 de l'observatoire dédié au sujet affirme : le document, qui a été remis cette semaine au ministre chargé des petites et moyennes entreprises, Alain Griset, souligne que "l'entrée en confinement strict le 17 mars 2020 a mis les entreprises et les administrations devant des difficultés à la fois matérielles et financières pour faire face à leurs obligations de paiement". Les délais de paiement ont de fait connu une "très forte tension" avant de bénéficier d'une amélioration de leur situation. D'après les chiffres avancés par le cabinet Altares, les retards de paiement se sont ainsi élevés à 11,24 jours en janvier 2020, avant de culminer à 15,30 jours en août puis de redescendre à 12,84 jours en décembre.

 

Une situation en demi-teinte qui a affecté toutes les tailles d'entreprises et l'ensemble des secteurs d'activité, à commencer par ceux les plus durement frappés par les restrictions sanitaires (hébergement-restauration...). Les mesures d'aide déployées par Bercy et les attitudes conciliantes de quelques entreprises ont cependant permis de limiter la casse : "La mise en place de dispositifs publics de soutien et l'action de certains clients vis-à-vis de leurs fournisseurs - par les versements d'acomptes et le paiement accéléré de leurs factures - a permis de contenir le phénomène", indique le rapport.

 

Amélioration continue

 

L'Administration fait pour sa part office de très bon élève, puisque les structures publiques "ont pu assurer la continuité du paiement des fournisseurs par la mise en place de plans de continuité et de reprise d'activité et par l'adoption de mesures législatives et réglementaires spécifiques". Ce qui a permis d'obtenir des résultats "remarquables" aux dires de l'observatoire, à savoir des délais de paiement de 2 jours en moyenne pour l'État, 1 seul jour pour les communes, 2,8 jours pour les départements et 5,5 jours pour les régions.

 

Il semblerait en réalité que l'exercice 2020 n'ait fait que s'inscrire dans une amélioration durable de la situation. En effet, les délais de paiement affichaient déjà une "baisse très nette et quasi-généralisée" en 2019, année qui faisait elle-même suite à quatre exercices de relative stabilité. Alors que les délais clients et les délais fournisseurs se chiffraient respectivement à 50 et 61 jours en 2004, ils n'étaient plus que de 43 et 49 jours en 2019.

 

Les TP probablement plus concernés que le bâtiment

 

Le secteur du bâtiment et des travaux publics, comme tous les autres secteurs économiques, profite de cette embellie financière. Ce qui ne s'explique pas particulièrement : "Il est difficile d'identifier une cause unique à cette évolution favorable dont les facteurs sont à chercher dans un contexte macro-économique porteur, l'extension de la dématérialisation et de la facturation électronique, l'effet dissuasif des sanctions. Dans le même temps, les administrations poursuivaient la modernisation des processus de la dépense publique, favorisant la réduction des délais de paiement", résume l'observatoire.

 

Mais il y a encore du chemin à parcourir dans le BTP, qui est, derrière les secteurs de l'information-communication et du conseil-services aux entreprises, l'une des filières les plus touchées par le phénomène. Même si, là encore, la situation dans la construction s'améliore : les délais clients sont passés de 64,4 à 62,9 jours entre 2018 et 2019, quand les délais fournisseurs sont passés de 56,1 à 53,8 jours sur la même période. Les travaux publics sont probablement davantage impactés dans la mesure où leur activité repose largement sur la commande publique : "Les secteurs dont la clientèle est en revanche tournée vers les entreprises et les donneurs d'ordre du secteur public enregistrent une proportion de retards de paiement significative, avec plus de 30% d'entreprises payées au-delà de 60 jours", souligne le document. Par la suite, le BTP a réussi à contenir l'augmentation des délais due à la crise du Covid à 1,4 jour.

 


Comment se répartissent les durées des retards de paiement dans le BTP ?

 

En 2019, le secteur de la construction subissait en moyenne 53% de retards clients. Dans le détail, les retards de moins d'un mois étaient de 31%, ceux d'un à deux mois de 15%, et ceux de plus de deux mois de 7%. Chez les fournisseurs de la filière, les retards étaient de 34%, dont 26% de moins d'un mois, 6% d'un à deux mois et 2% de plus de deux mois.

 

Dans l'immobilier, les délais clients affichent déjà de très bons chiffres, étant passés de 25,7 à 23 jours entre 2018 et 2019. Seul bémol : les délais fournisseurs, qui restent élevés, passant de 58,1 à 54,3 jours sur le même laps de temps.

 

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