INFRASTRUCTURE. Les présidents de sept départements franciliens et la présidente de la région demandent l'engagement d'un audit externe des aspects techniques et financiers du projet Grand Paris Express et de l'établissement public chargé d'en assurer le pilotage. Les élus sont mécontents des retards annoncés sur le programme.

Mis à part celui de la capitale, tous les départements franciliens sont là : Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d'Oise. Ainsi que la région Île-de-France. Les président(e)s de toutes ces collectivités réclament un audit indépendant pour le Grand Paris Express dont le calendrier de réalisation et les coûts sont en train de dérailler.

 

Dans un courrier adressé au conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP, l'établissement public d'Etat chargé de piloter le projet) les huit élus ont sollicité la tenue d'une séance exceptionnelle afin de procéder au lancement d'un audit technique et financier externe. Ils considèrent n'avoir pas été en mesure de jouer le rôle de contrôle et de codécision reconnu par les statuts de la SGP "faute de disposer de quelque information que ce soit". Et reprochent à l'Etat d'avoir rompu brutalement l'équilibre de gouvernance en bouleversant, sans concertation ni explication, les dates de mise en service des différents tronçons du futur métro automatique.

 

Un vote de contestation contre le poulain d'Elisabeth Borne

 

Les signataires estiment qu'une expertise complète, menée par un prestataire extérieur, "permettra de faire toute la lumière sur les raisons qui ont poussé l'Etat à revoir le calendrier du Grand Paris Express". Ils espèrent obtenir un débat sur les nouvelles orientations du projet, qu'il s'agisse de programmation, de budget ou de mesures de substitution. Car, selon le communiqué, ils ont été privés de cette possibilité lors des deux dernières séances du conseil de surveillance. Ils déclarent : "Lors de la séance du 9 avril 2018, c'est même le directeur de l'administration de l'Etat en charge des Transports, pourtant responsable de l'application des décisions de la ministre, qui a refusé de fournir aux élus les informations qui auraient permis d'éclairer les choix du Gouvernement". Les présidents des départements ont donc protesté en votant contre la nomination de Thierry Dallard au poste de président du directoire de la SGP, en succession de Philippe Yvin.

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