TRANSPORTS. Depuis que le gouvernement a confirmé le décalage de plusieurs lignes du Grand Paris Express, l'inquiétude et l'incompréhension grandissent chez les élus franciliens. La Métropole du Grand Paris et des élus de la région alertent des conséquences multiples de ces retards.

Quinze jours après la présentation du nouveau calendrier du Grand Paris Express par le gouvernement, les élus restent mobilisés mais surtout très inquiets. Lors d'un bureau de la Métropole du Grand Paris, qui s'est tenu le 6 mars 2018, le sujet des décalages dans le calendrier ont suscité de vives réactions. S'ils se réjouissent de l'engagement de l'Etat à réaliser l'intégralité du supermétro, en revanche ils ont tenu à alerter sur les conséquences que cela peut entraîner. Selon eux, ce nouveau calendrier risque "de remettre en cause les projets d'aménagement, les programmes de logement, les opportunités d'investissement et d'emploi déjà prévus".

 

Les membres du bureau ont notamment évoqué des projets locaux autour des futures gares qui sont "aujourd'hui fragilisés voire interrompus par ces annonces". "Comment l'Etat, qui revient sur ses engagements, peut-il contraindre les collectivités à tenir les leurs en matière de territorialisation d'objectifs de logements, de rééquilibrage territorial, de liaisons entre zones rurales et zones métropolitaines ?" s'interrogent-ils. Selon eux, "le signal envoyé par cette décision n'est pas positif !" et réclament d'aider "les maires concernés ".

 

Prioriser la ligne 18 desservant le plateau de Saclay

 

Mêmes inquiétudes du côté de la Région. Dans un communiqué daté du 6 mars, la Présidente de la Région Ile-de-France demande au gouvernement d'aller plus vite et notamment pour la ligne 18. Cette dernière est en effet particulièrement impactée par les décalages de calendrier. Prévue pour 2024, le tronçon entre le Plateau de saclay et Versailles est reporté à 2027 et celui entre Orly et le plateau de Saclay à 2030.

 

Ce report de trois ans est "une véritable douche froide". Avec François Durovray, président du conseil départemental de l'Essonne, Valérie Pécresse fait part de son "incompréhension sur les arbitrages" de l'Executif qui sont selon les deux élus "en contradiction totale avec les réunions de concertations préalables qui évoquaient qu'au plan technique la mise en service était possible pour 2025".

 

Les deux élus demandent au gouvernement "de prioriser avant tout la ligne 18" estimant que même "s'il est indispensable d'accompagner le développement du plateau par des solutions de desserte locale de type bus, il est en effet illusoire d'imaginer que cela suffirait à remplacer un métro, seul à même d'assurer une desserte efficace depuis Paris et le développement de ce grand pôle, tant en termes de logements, d'emplois que de recherche". Ils demandent donc "des pistes d'optimisation possibles pour une mise en service anticipée de la ligne", écrivent-ils. Seront-ils entendus ? A suivre.

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