CONJONCTURE. Avec 10.501 procédures enregistrées au 3e trimestre 2019, le nombre de défaillances d'entreprises a fortement reculé cet été pour retrouver finalement son niveau d'avant la crise de 2008, selon une étude d'Altares. Le secteur du bâtiment se porte mieux, même si la situation reste préoccupante pour les constructeurs de maisons individuelles.

Bonne nouvelle sur le front des défaillances d'entreprises : tous secteurs d'activité confondus, l'été 2019 a vu le nombre de procédures chuter de 9,2% par rapport au 3e trimestre 2018 (10.501 contre 11.563), faisant même mieux que la moyenne de ces 5 dernières années (11.483). Réalisée par la société Altares, spécialisée dans l'information sur les entreprises, cette étude fournit d'autres indicateurs : ainsi, au 3e trimestre 2019, 204 procédures de sauvegardes ont été enregistrées (-3,8% par rapport à la même période un an plus tôt) ; 3.310 redressements judiciaires (-12,2%) ; et 7.167 liquidations judiciaires directes (-8%), ce qui représente au total 37.250 emplois menacés (-2.350), soit en moyenne 3,5 postes par entreprise.

 


Après avoir augmenté de 2,7% au 3e trimestre 2018, le secteur de la construction bénéficie d'une importante baisse de 8% de ses défaillances d'entreprises, avec 2.536 procédures au 3e trimestre 2019.

 

Globalement, le secteur du bâtiment et des travaux publics voit ses liquidations se rétracter de 9%, mais les procédures de redressements s'envolent de plus de 20%. Dans le détail, ce sont les segments du second-oeuvre et des travaux publics qui tirent le secteur, avec respectivement -13,7% et -13,2%. A l'inverse, le gros-oeuvre éprouve des difficultés à remonter la pente, avec -1,2%. Mais c'est surtout les constructeurs de maisons individuelles (CMI) qui sont le plus à la peine : avec presque 180 défaillances d'entreprises, ils dégringolent de 19%, signant ainsi leur plus mauvaise statistique depuis 4 ans.

 


"Le nombre de défaillances d'entreprises bute chaque été sur le seuil des 10.000 procédures. Mais avec 10.500 jugements prononcés, ce 3e trimestre est le meilleur depuis celui de 2007 (10.300)", relève le directeur des études d'Altares, Thierry Millon. "En tendance, cela représente une baisse de 9,2%. Un recul important, mais le 3e trimestre 2018 avait été alourdi par une exceptionnelle extension de procédure de redressement judiciaire prononcée en août par le tribunal mixte de commerce de Saint-Denis de la Réunion sur près de 350 sociétés. Les trois quarts des jugements concernent des micro-entreprises de moins de 3 salariés, mais 73 sociétés de plus de 50 salariés sont également passées devant le tribunal ce trimestre, soit plus d'une défaillance de grande PME enregistrée chaque jour ouvré."

 

Car c'est effectivement l'un des enseignements majeurs de l'étude : la sinistralité des PME de plus de 50 salariés bondit de 30%. En 2014, Alteres avait dénombré 13.400 défaillances menaçant 56.400 emplois ; en 2019, le nombre de procédures s'est rétracté de 3.000 et plus de 19.000 postes ont été épargnés. Une franche amélioration qui cache toutefois un inversement de tendance entre l'été 2018 et l'été 2019 : les défaillances ont certes diminué d'environ un millier sur cette période, mais 2.350 emplois supplémentaires sont menacés. Alors que les micro-entreprises de moins de 3 salariés ont vu leurs procédures reculer de 8%, les sociétés d'au moins 50 employés ont enregistré +30%, avec 73 PME de cette taille en procédure lors du 3e trimestre 2019, contre 56 un an auparavant. Et à elles seules, ces PME d'au moins 50 salariés représentent presque le tiers des emplois menacés (11.600). Les autres catégories d'entreprises s'en sortent plutôt bien : celles comptant entre 20 à 46 salariés ont subi 196 défaillances cet été contre 202 l'an dernier, et celles ayant de 3 à 19 employés en ont enregistré 2.392, soit tout de même une chute de 14% entre 2018 et 2019.

 

Le Sud-Est de la France dans le rouge ; l'Est, le Nord et l'Île-de-France dans le vert

 

Sur le plan géographique, les analystes d'Altares ont constaté un retournement de situation entre le 3e trimestre 2018 et l'été 2019 : les régions qui avaient encaissé des hausses de défaillances d'entreprises l'année dernière se portent mieux cette année, et inversement. Par exemple, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d'Azur ont augmenté respectivement de 4% et de 5,5% cet été, plombées par le secteur de la construction. La Bourgogne-Franche-Comté se stabilise, avec 425 procédures enregistrées d'une année à l'autre. Les Pays de la Loire profitent d'une baisse de la sinistralité de 5%, comme en 2018 : les liquidations diminuent grandement mais les redressements judiciaires s'accélèrent. L'Île-de-France affiche un repli de 9% en 2019 après une progression de 5% en 2018. Toutes les autres régions de l'Hexagone voient leurs défaillances d'entreprises reculer. A noter que celles qui avaient subi les hausses les plus conséquentes l'an dernier parviennent à rattraper leurs mauvais scores : la Corse enregistre -29% après +33%, le Grand Est -12% après +16%, la Normandie -20% après +13% et les Hauts-de-France -8% après 11%.

 

 

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