CONJONCTURE. Conséquence vraisemblablement logique de la crise du coronavirus, le nombre de défaillances d'entreprises de la construction n'a cessé d'augmenter depuis le mois d'avril 2020, selon les dernières données compilées par la Banque de France. Les chiffres sont en revanche bien plus encourageants sur un an.

C'était malheureusement à prévoir : le nombre de défaillances d'entreprises du bâtiment et des travaux publics est reparti à la hausse durant l'été 2020, conséquence vraisemblablement logique de la crise du coronavirus. D'après les dernières données compilées par la Banque de France et arrêtées au mois de juin, les procédures ne cessent d'augmenter depuis avril, où elles atteignaient les 210 dossiers : elles se sont ensuite établies à 304 en mai, puis 483 en juin. Certes, les données cumulées sur un an, donc de juin 2019 à juin 2020, révèlent des chiffres bien plus encourageants : alors que 11.616 sociétés ont mis la clef sous la porte il y a un an, elles n'ont été "que" 8.480 à se retrouver dans cette situation cette année, ce qui représente une chute de 27% des procédures. Pour l'heure, les prévisions de la Banque de France pour le cumul des défaillances arrêtées au mois de juillet dernier tablent sur 8.071 dossiers, ce qui impliquerait une chute de plus de 30% en comparaison au mois de juillet 2019.

 

Même topo pour les entreprises spécialisées dans les activités immobilières : après avoir enregistré 54 défaillances en avril, ce secteur a atteint 72 procédures en mai et 85 en juin. En cumul sur 12 mois, elles s'élèvent à 1.263 en 2020, contre 1.663 en 2019, soit un recul de 24,1%. Les prévisions pour le mois de juillet dernier estiment que le cumul annuel sera porté à 1.238 défaillances, ce qui creuserait encore un peu plus la baisse, à -26%. Mais la Banque de France attire une nouvelle fois l'attention sur le fait que la crise sanitaire et économique du Covid-19 a perturbé l'ensemble du fonctionnement administratif et des procédures judiciaires, et que les chiffres et tendances qui s'en dégagent doivent être interprétés avec prudence.

 

Les micro-entreprises et les ETI/grandes entreprises souffrent, les PME résistent

 

Tous secteurs d'activité confondus, la France a enregistré 2.652 défaillances d'entreprises en juin dernier, avec un cumul sur un an totalisant 40.195 procédures. Dans le détail des types de structures, les micro-entreprises et sociétés de "taille indéterminée" ont connu 2.477 défaillances au mois de juin, en hausse continue depuis avril (1.219) et avec une envolée marquée par rapport à mai (1.635). Idem pour les TPE, avec 94 dossiers en juin après 80 en mai ; en revanche, les petites et moyennes entreprises voient leurs chiffres stagner, avec respectivement 41 et 26 défaillances en juin, après respectivement 39 et 26 procédures en mai. Enfin, les chiffres disponibles pour les ETI et grandes entreprises indiquent un cumul annuel de 48 défaillances arrêté à juin 2020, soit un bond de plus de 40% par rapport à juin 2019 (34). Hormis cette catégorie, les évolutions sur 12 mois sont cependant en recul pour quasiment toutes les autres tailles de sociétés, oscillant souvent entre -20% et -25%.

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