ENTREPRISES. Quelques jours après la présentation du plan de relance, le ministère de l'Economie précise les taux d'intérêt qui s'appliqueront pour les différentes échéances de Prêts garantis par l'Etat. En parallèle, un arrêté a aussi été signé pour renforcer les financements des entreprises par affacturage.

Les entreprises ayant souscrit un Prêt garanti par l'Etat (PGE) vont désormais y voir un peu plus clair : le ministère de l'Economie a précisé ce 6 septembre 2020 les modalités de remboursement de ce dispositif mis en place par le Gouvernement pendant le confinement sanitaire. Après avoir échangé avec les représentants de la Fédération bancaire française (FBF), Bruno Le Maire et Alain Griset, respectivement ministre de l'Economie et ministre délégué aux PME, ont confirmé que les entreprises pourront librement étaler le remboursement de leur PGE sur une durée maximale de 6 ans. S'agissant des taux d'intérêt, ils devraient s'établir pour les TPE et PME à "une tarification maximale de 1 à 1,5% pour des prêts remboursés d'ici 2022 ou 2023" et "de 2 à 2,5% pour des prêts remboursés d'ici 2024 à 2026", "coût de la garantie de l'Etat compris", précise le communiqué de Bercy.

 

45 jours de trésorerie gagnés grâce au renforcement de l'affacturage

 

Le PGE, dont 95% des bénéficiaires sont des TPE-PME, n'est pas le seul outil que le Gouvernement met à disposition des entreprises pour les aider à passer ce mauvais cap économique. Dans le cadre du plan de relance, Bruno Le Maire a également signé ce 6 septembre un arrêté fixant le cahier des charges d'un nouveau dispositif : le renforcement des financements par affacturage entre en vigueur jusqu'au 31 décembre prochain, et permet aux entreprises de solliciter auprès des sociétés d'affacturage "un préfinancement nouveau qui pourra être mis en place dès la prise de commande, rendu possible par la garantie de l'Etat", explique le minisrète. "[Les entreprises] n'auront pas besoin d'attendre l'émission des factures comme cela se pratique normalement", ce qui devrait leur faire gagner 45 jours de trésorerie "en moyenne".

 

Pour la déléguée générale de l'Association française des sociétés financières, Françoise Palle-Guillabert, "l'affacturage sera un élément-clef de sécurisation de l'économie". Concrètement, ce nouveau dispositif offrira la possibilité à une entreprise recevant une commande d'obtenir une ligne de financement auprès de sa société d'affacturage, en bénéficiant de la garantie de l'Etat et sans avoir besoin d'attendre l'émission de factures une fois sa prestation effectuée. Bercy mise sur ces "préfinancements" de commandes pour permettre aux entreprises - notamment dans le secteur de la construction - de continuer à investir et à payer leurs charges, qu'il s'agisse d'acheter des matières premières, de verser des salaires ou de réaliser des investissements de production. "Une fois que la facture correspondant à cette commande aura été émise, une opération d'affacturage classique prendra le relais. Il s'agira donc pour l'entreprise bénéficiaire d'un contrat bout-en-bout, qui comportera une phase d'affacturage classique - non-garantie par l'Etat - précédée d'une phase innovante de préfinancement garanti par l'Etat", conclut le ministère.

actionclactionfp