PALMARÈS. Les lauréats du concours d'architecture lancé par l'agence Valode & Pistre autour de la thématique de l'habitat durable, en résonance avec les enjeux brassés par la crise du Covid, ont été dévoilés. L'évènement s'adressait aux étudiants en école d'architecture ainsi qu'aux jeunes diplômés de moins d'un an, et au final cinq prix ont été décernés.

Comment envisager l'habitat de demain à la lumière des enseignements de la crise du Covid ? C'est pour tenter de répondre à cette question que l'agence Valode & Pistre a lancé fin 2020 un concours autour de l'habitat durable, ouvert aux étudiants en école d'architecture et aux jeunes diplômés de moins d'un an. Pour les organisateurs de l'évènement, la pandémie de coronavirus "aura un impact à long terme sur nos comportements et en particulier ceux liés à notre façon d'habiter". À quoi s'ajoute une prise de conscience, peut-être plus incisive qu'auparavant, des conséquences du réchauffement climatique et de la dégradation de l'environnement. Une situation qui oblige désormais à prendre en compte, dans la manière de penser le logement de demain, "des nouvelles attentes sanitaires, sociales et environnementales".

 

C'est donc en partant de ce constat que les architectes Denis Valode et Jean Pistre ont souhaité intégrer à ce débat stimulant une nouvelle génération d'architectes, afin de les faire participer à la réflexion tout en tentant de surmonter les difficultés d'insertion professionnelle qu'ils peuvent rencontrer, entre une "quasi-absence de stages" et des "formations à distance" loin de favoriser l'épanouissement de leur talent. Le prix Archi Jeunes a ainsi vu le jour pour récompenser les projets d'habitats collectifs innovants "apportant des réponses au constat d'inadaptation des logements et de leur environnement, ainsi qu'aux aspirations apparues à l'occasion de la crise du Covid et du confinement en particulier : contradictions entre vie professionnelle, scolaire et familiale, entre vie collective et distanciation, entre confinement et aspiration au contact avec les éléments naturels et la végétation ainsi que la diffusion des préoccupations écologiques", détaillent les organisateurs. En revanche, les candidats avaient toute latitude pour se positionner sur le contexte, la localisation géographique, les caractéristiques urbanistiques - comme la densité, les dimensions... - ainsi que le choix à opérer entre réhabilitation et construction.

 

Des projets variés autour du social et de l'environnement

 

Les candidatures reçues se sont donc focalisées sur les aspects social et environnemental de l'habitat, proposant des projets variés et tous implantés "dans un contexte précis". Une majorité propose de faire évoluer les logements afin de leur faire gagner de la surface, de mieux les connecter avec l'extérieur, et d'organiser de manière "réciproque la sphère de convivialité et d'intimité". Au final, les propositions ont été classées dans cinq grandes catégories : des projets de transformation, avec changement des usages, de bureaux en logements, de parkings en logements, d'usines en logements, et d'activités en logements ; des projets neufs, modulaires et adaptables ; des projets d'insertion d'habitat liés à des situations climatiques, géographiques et sociales très caractéristiques ; des interventions sur un habitat existant, avec des extensions et des nouvelles fonctionnalités ; et, enfin, la création de nouvelles typologies d'habitat.

 

Pour sélectionner les lauréats, un jury composé évidemment d'architectes mais aussi de personnalités diverses s'est réuni autour de Denis Valode et Jean Pistre : Najoua Arduini, directrice du développement chez Nexity ; Aldrick Beckman, architecte ; Nicolas Bouzou, économiste et directeur-fondateur d'Asterès ; Thomas Coldefy, architecte ; Marie Godard Le Beux, directrice générale adjointe de Paris Habitat ; Gaëlle Hamonic, architecte ; Guillaume Poitrinal, président de Woodeum et de la Fondation du patrimoine ; ainsi que Catherine Sabbah, déléguée générale de l'Idheal (Institut des hautes études pour l'action dans le logement). Les jurés se sont prononcés sur l'originalité et la créativité des projets, en prenant également en considération leurs qualités et leur pertinence à l'égard des enjeux soulevés par la crise du Covid. Les préoccupations environnementales ont aussi été analysées, de même que la crédibilité des projets, leur capacité à se concrétiser, ou encore la qualité et la clarté des supports présentés.

 

Une agence renommée pour développer les projets

 

Cinq prix ont finalement été attribués à cinq projets, les lauréats se voyant décerner une bourse d'un montant allant de 3.000 € pour le cinquième prix, à 8.000 € pour le premier prix. Par ailleurs, les trois premiers lauréats ont la possibilité de réaliser un stage de recherche rémunéré de 6 mois au sein de l'agence Valode & Pistre. Celle-ci a développé depuis quelques années "un secteur de recherche sur l'habitat", qui servira de cadre au développement des projets par les lauréats. Fondée en 1980, l'agence de Denis Valode et Jean Pistre compte aujourd'hui sept associés et environ 200 architectes d'une vingtaine de nationalités différentes. Basée à Paris mais disposant de filiales à Moscou et Pékin, elle développe des projets en France mais aussi en Europe, Russie, Asie, au Moyen-Orient, Maghreb et en Afrique subsaharienne, et elle affiche à ce jour 150 réalisations à travers le monde.

 


Découvrez en images les projets des lauréats du concours Archi Jeunes dans les pages suivantes.

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