INFRASTRUCTURE. Suspendus depuis deux mois après une décision du tribunal administratif de Montreuil, les travaux du CDG Express amorcent en ce début 2021 une reprise progressive sur 80% des chantiers.

Souvenez-vous : nous sommes le 9 novembre 2020. Alors que plusieurs chantiers sont en cours, les travaux du CDG Express, ligne ferroviaire de 32km reliant l'aéroport Charles-de-Gaulle à la gare de l'Est à Paris, doivent s'interrompre. La raison : le tribunal administratif de Montreuil vient d'annuler partiellement l'autorisation environnementale accordée au projet le 11 février 2019.

 

Le gestionnaire d'infrastructure, détenu à parts égales par le groupe ADP, SNCF Réseau et la Caisse des dépôts, a fait appel de cette décision quelques semaines plus tard. Le Gouvernement, par la voix du ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, continue à soutenir sans relâche le projet jugé "totalement incontournable" et fait part de son intention de faire appel lui aussi.

 

Une étude réalisée par un écologue

 

L'objectif est de reprendre rapidement les travaux, tous suspendus, en attendant d'évaluer ceux concernés par la décision de justice. Résultat : le redémarrage des chantiers est en cours, et se fera progressivement jusqu'à la mi-février sur 80% d'entre eux.

 

Durant cette pause, une "étude approfondie" a été réalisée. "Nous avons mobilisé un écologue, un expert des espèces protégées", qui a inspecté le tracé en décembre, a indiqué Grégoire Marlot, président du gestionnaire d'infrastructure, dans des propos rapportés par l'AFP.

 

Sur 80% des zones concernées, aucune espèce protégée n'a été localisée. L'expert en a en revanche trouvé sur 20% des chantiers. Y a notamment été observée la présence de lézards qui logent dans le ballast, a relevé Grégoire Marlot. Des chantiers qui eux restent à l'arrêt. Une nouvelle visite de l'écologue est programmée fin mars.

 

Risque de remise en cause des plannings

 

En faisant appel de la décision du tribunal administratif de Montreuil, le gestionnaire d'infrastructure, SNCF Réseau et l'Etat ont demandé un sursis à exécution. Le but : pouvoir reprendre tous les chantiers, en attendant un nouveau jugement. Grégoire Marlot craint de ne pas obtenir ce sursis, ce qui conduirait à une remise en cause du planning de l'ensemble des opérations.

 

Or, le budget de 2,2 milliards d'euros du projet n'inclut pas uniquement la construction de la nouvelle ligne. En effet, 537 millions d'euros sont consacrés à la modernisation et au renouvellement du RER B, et "tous les projets de l'axe nord ont été étudiés ensemble", rappelle Alexandra Locquet, directrice générale du GI CDG Express. La décision du tribunal de Montreuil est ainsi, selon le gestionnaire, de nature à impacter négativement les mobilités du quotidien. Et réétudier le calendrier "serait extrêmement long", s'inquiète-t-elle.

 

"Tous les projets de l'axe nord ont été étudiés ensemble. Réétudier les planning serait extrêmement long."

 

Le CDG Express doit être mis en service en 2025, les retards dus au confinement du printemps ayant pu être rattrapés. En revanche, il est encore trop tôt pour évaluer l'impact de la décision du tribunal, explique le gestionnaire.

 

Contexte sanitaire et trafic aérien

 

Pour rappel, la décision de justice a été motivée par le report du calendrier initial (2025 au lieu d 2024, pour les Jeux olympiques et paralympiques), rendant le projet moins pertinent selon le tribunal de Montreuil. A cela s'ajoutent les conséquences de la crise sanitaire, et la "forte baisse du trafic aérien, dont le caractère purement transitoire ne peut être prédit". L'infrastructure ne répondrait donc pas à "des raisons impératives d'intérêt public majeur".

 

Ce que rejettent les promoteurs du projet. Le gestionnaire note ainsi que "la reprise du trafic, prévue en 2025, coïncide en effet avec la mise en service du CDG Express". Il se positionne par ailleurs comme "complémentaire de l'offre de transport existante", et, complète Jean-Baptiste Djebbari, "permet à la fois de renforcer l'attractivité économique de la région capitale et de reporter des voyageurs de la voiture vers le mode ferroviaire".

 

Retrouvez le calendrier de mise en service des transports franciliens d'ici à 2030 dans notre infographie.

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