RENOVATION. Les certificats d'économie d'énergie seront fléchés vers le financement du programme "Service d'accompagnement pour la rénovation énergétique" (SARE) annoncé dimanche 8 septembre par le ministère de la Cohésion des territoires.

Taxe carbone ou certificats d'économie d'énergie (CEE) ? Ce sont finalement les seconds - un dispositif imposant aux fournisseurs de gaz ou encore d'électricité de réaliser des économies d'énergie - qui seront fléchés vers le financement du programme "Service d'accompagnement pour la rénovation énergétique" (SARE) annoncé dimanche 8 septembre par le ministère de la Cohésion des territoires. Dans le cadre de la lutte contre les "passoires thermiques", ces logements mal isolés au nombre de 7 millions en France, le SARE visera à mieux informer et conseiller les particuliers, notamment via des audits énergétiques, ainsi que les propriétaires de petits locaux privés, et à sensibiliser davantage les professionnels du secteur.

 

"Compléter" un autre service public

 

Ce nouveau programme a pour objectif de "compléter" un autre service public, à savoir les espaces FAIRE (faciliter, accompagner et informer pour la rénovation énergétique), précise le communiqué du ministère. Il s'inscrit également "en complément" des aides de l'Anah, du CITE (crédit d'impôt transition énergétique) et autres éco-PTZ.

 

 

C'est l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) qui portera ce service d'information pour la rénovation énergétique mais les collectivités territoriales qui le souhaitent pourront y adhérer en tant que porteurs associés, via la signature d'une convention dans le cadre de chaque région. "C'est un serpent de mer depuis plusieurs années. La pression est venue de la volonté de l'État de se désengager du financement des agences locales de l'énergie, entre autres, qui laissait les collectivités territoriales perplexes quant à la nature de leurs futures sources de financement" en la matière, explique à Batiactu Marina Offel de Villaucourt, porte-parole de Géo PLC, une société délégataire dans les CEE.

 

CEE, des ambitions rehaussées

 

Un temps envisagée pour prendre le relais dans le financement du SARE, la taxe carbone, dont le retour demeure en question, n'a pas été retenue. Les CEE, payés par l'ensemble des consommateurs d'énergie, lui ont été préférés. Ils apporteront 200 millions d'euros, soit 40 TWh cumac, sur la période 2020-2024. A noter que cette somme pourra couvrir jusqu'à 50% des coûts, le solde étant financé par les collectivités territoriales. L'Ademe va ainsi lancer un appel aux obligés (les fournisseurs d'énergie) et aux délégataires CEE pour postuler au financement du programme SARE. "Il devrait y avoir de nombreux candidats car les ambitions en matière de CEE ont été rehaussées", estime Audrey Zermati, directrice de la stratégie au sein de la société Effy, spécialisée dans l'efficacité énergétique. Et de se féliciter : "le dispositif des CEE prendra de plus en plus d'importance dans la rénovation énergétique." "Cette mesure montre la volonté du gouvernement d'accroître la visibilité des certificats d'économie d'énergie", renchérit Nicolas Moulin, fondateur de PrimesEnergie.fr.

 

Marina Offel de Villacourt, tout en saluant une initiative "louable" car "il fallait trouver des sources de financement pour ces antennes (territoriales) qui n'en auraient plus eu à partir de l'an prochain", se dit tout de même "assez perplexe" au sujet du SARE. D'abord parce qu'il existe déjà des espaces Info-Energie. Et ensuite parce qu'il "est assez difficile de voir de l'argent privé financer un service public."

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