Le CEA et Alstom vont créer un laboratoire dédié au stockage de l'énergie et à l'intégration du solaire dans les réseaux intelligents. D'autre part, le Commissariat à l'énergie atomique et Bouygues Construction ont signé un accord de collaboration pour la conception d'un prototype de réacteur nucléaire de 4e génération.

Le commissariat à l'énergie atomique (CEA) vient de signer deux accords avec des partenaires dans le secteur de l'énergie. Tout d'abord avec Alstom Grid, afin de créer un centre commun de R&D à Chambéry (Savoie). Il se consacrera au développement de solutions avancées de stockage de l'énergie et à l'intégration des parcs d'énergies renouvelables (solaire, éolien) dans les réseaux électriques intelligents (smart grids). Basé sur le campus de l'INES (Institut national de l'énergie solaire), il tirera avantage à la fois de l'expertise locale en matière d'applications solaires et de stockage d'énergie et de l'expertise du groupe Alstom dans la transmission d'énergie, l'électronique de puissance, la conversion et l'intégration des salles de commande pour réseaux intelligents. Le partenariat a pour but de tester différentes technologies et faire émerger des innovations qui permettront d'accélérer le déploiement du stockage intégré dans les « smart grids » et de faciliter l'introduction des énergies nouvelles au-delà des 20 % préconisés par l'Europe en 2020. Les équipes travailleront également sur des applications potentielles du courant continu pour des projets urbains. Alstom et le CEA ont déjà collaboré notamment sur les projets de réseaux intelligents Reflexe à Nice ou GreenLys en région Rhône-Alpes.

 

Le CEA collaborera également avec Bouygues Construction pour les études de conception du génie civil du prototype d'un réacteur nucléaire de 4e génération nommé « Astrid » (Advanced sodium technological reactor for industrial demonstration). Il s'agit d'un démonstrateur industriel de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium, d'une puissance de 600 MWe. Les réacteurs de ce type permettent une meilleure exploitation de l'uranium, un multi-recyclage du plutonium et la minimisation de la production de déchets, sans émission de gaz à effet de serre. La première phase d'études se déroulera jusqu'en 2017 avant une mise en service prévue pour 2020. La Direction de l'énergie nucléaire du CEA sera chargée de l'architecture de l'ensemble du réacteur, avec le cœur et le combustible, tandis que d'autres lots seront confiés aux partenaires industriels. Bouygues Construction aura pour objectif d'évaluer différentes options de conception de l'îlot nucléaire, avec de la R&D sur les bétons de structure. D'autres partenariats industriels ont déjà été conclus autour d'Astrid, notamment avec Areva NP (chaudière, contrôle de commande, auxiliaires nucléaires), EDF (assistance à maîtrise d'ouvrage, études de sûreté) ou Toshiba (pompes électromagnétiques). Le projet implique déjà 500 personnes.

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