Deux groupements ont déposé un dossier pour l'exploitation du CDG Express, future liaison rapide entre l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et la capitale. Sa mise en service est attendue pour la fin de 2023, juste à temps pour les hypothétiques Jeux Olympiques.

Pour l'exploitation du futur CDG Express, Le ministère des Transports va étudier les candidatures de deux groupements français : RATP-Keolis d'une part et Transdev (filiale de la CdC et de Veolia) associé à deux fonds d'investissement (Mirova et Demeter) de l'autre. Rappelons qu'il s'agira, à l'horizon de 2023, de gérer une liaison rapide entre la gare de l'Est (Paris) et l'aéroport Charles-de-Gaulle, qui voit transiter 66 millions de passagers par an.

 

Le directeur Île-de-France de Transdev explique : "C'est une liaison importante pour nous, même si elle ne représente pas un volume très important en nombre de passagers". Le prix du billet de la liaison CDG Express est, pour l'heure, fixé à 24 euros, soit deux fois moins qu'une course de taxi avec le forfait mis en place en mars 2016. Et le trajet de 32 km sera bouclé sans arrêts intermédiaires, là où son autre concurrent, le RER B, met en moyenne entre 30 et 50 minutes pour parvenir à gare du Nord (un arrêt avant gare de l'Est).

 

Deux équipes qui exploitent déjà des métros automatiques

 

Les deux consortiums font valoir leur expertise dans le sujet du ferroviaire et des liaisons d'aéroports. D'un côté, la RATP exploite OrlyVal, une liaison automatisée de 7,3 km entre Antony et les deux aérogares d'Orly, utilisé par plus de 3 millions de voyageurs chaque année. En face, Transdev exploite déjà CDGVal, un autre réseau automatique constitué de deux lignes reliant les trois terminaux de Charles-de-Gaulle, ainsi que les satellites S3 et S4 (sous douane). Pas moins de 10 millions de voyageurs l'empruntent par an.

 

Il est prévu que le financement soit, en partie, apporté par une taxe sur les billets d'avion (1,40 € au maximum) à compter de 2024, pour chaque passager embarqué ou débarqué à Roissy. Aéroports de Paris, SNCF Réseau (partenaire de la RATP) et la Caisse des Dépôts et Consignations (qui détient 70 % de Transdev) doivent participer au financement de la construction de la ligne ferroviaire, qui nécessitera 8 km de voies nouvelles et le percement d'un tunnel. Ensemble, ils prévoient d'apporter 400 M€ plus 100 M€ d'avances remboursables, un montant jugé suffisant pour que les banques accordent des crédits à hauteur de 1,41 milliard d'euros.

 

Le ministère des Transports va analyser les deux dossiers concurrents et leur fournir, au cours de l'été, un cahier des charges détaillé. La décision finale sera prise d'ici à la fin de 2018.

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