A l'heure où le modèle libéral classique est à un tournant, la Société Coopérative et participative (SCOP) apparaît comme une solution innovante et alternative. Récemment médiatisé via l'opération avortée des salariés de la compagnie maritime Seafrance, le système prospère pourtant dans le BTP. Comment ça marche ? Quelle organisation hiérarchique ? Comment s'effectue la rémunération ? Mode d'emploi.

2012, l'année des SCOP ? Possible, en tout cas, les Nations-Unies l'ont désigné Année internationale des coopératives. Hasard ou simple constatation ? Dans un contexte où les modèles économiques classiques sont remis en cause, la SCOP intéresse de plus en plus les politiques. Retour en 10 questions sur ces entreprises «participatives».

 

1. Qu'est-ce qu'une coopérative ?
Il s'agit d'une entité économique fondée sur le principe de la coopération. Son objectif est d'allier les intérêts économiques et ceux des participants (sociétaires ou adhérents). Pour les prises de décision, une coopérative s'appuie sur la posture : «une personne = une voix».

 

2. Qu'est-ce qu'une SCOP ?
C'est une Société coopérative et participative qui peut prendre la forme d'une société commerciale, société anonyme ou société à responsabilité limitée. La SCOP est la seule coopérative dont les membres associés sont les salariés, a contrario des coopératives agricoles, par exemple, où les membres sont des agriculteurs qui mettent en commun leurs ressources. D'autre part, tout comme pour les entreprises classiques, la SCOP est soumise à l'impératif de rentabilité, de profitabilité et de développement. Toutefois, elle se démarque par sa gouvernance démocratique et sa répartition des résultats favorisant la pérennité des emplois et du projet d'entreprise.

 

3. Combien compte-t-on de SCOP dans le BTP ?
Selon la fédération des SCOP du BTP, à ce jour, sur près de 2.500 SCOP en France, on recense environ 600 SCOP dans le Bâtiment et les travaux publics, soit près de 25.000 salariés. Sur la cinquantaine de SCOP créées par an dans le BTP, dont 80% tournent autour de 4 salariés, dix entreprises seulement ne passent pas les cinq ans. Une chose est sûre, les SCOP sont très nettement sur-représentées dans la construction.

 

4. Qui pilote la SCOP ?
Dans une SCOP, il y a un dirigeant comme dans n'importe quelle entreprise et il a d'ailleurs le titre de gérant de SARL ou PDG de SA. Il est élu par les salariés associés pour des mandats de trois ou cinq ans renouvelables par les associés.

 

5. Comment fonctionne une SCOP ?
La répartition est la suivante : les salariés doivent détenir au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Si tous les salariés ne sont pas associés, ils aspirent tous à le devenir, en tout cas, ils doivent en avoir la possibilité. Par ailleurs, quelle que soit la quantité du capital détenu, chaque coopérateur ne dispose que d'une seule voix lors de l'assemblée générale.

 

6. Comment est réparti le profit ?
- une part pour tous les salariés, sous forme de participation et d'intéressement ;
- une part pour les salariés associés sous forme de dividendes ;
- une part pour les réserves de l'entreprise.

 

7. Comment sont rémunérés les salariés ?
Dans une SCOP, les réserves, impartageables et définitives - en moyenne 40 à 45 % du résultat - vont contribuer tout au long du développement de l'entreprise à consolider les fonds propres et à assurer la pérennité. Les co-entrepreneurs sont donc rémunérés de leur travail et de leur apport en capital. Si un associé est amené à partir de l'entreprise, il récupère son capital à un niveau nominal, mais sans plus-value afin de ne pas pénaliser les autres générations.

 

8. Quelles sont les valeurs d'une SCOP ?
La prise en charge et la responsabilité personnelles et mutuelle, la démocratie, l'égalité et la solidarité. A cela s'ajoute une éthique autour de l'honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et le développement durable.

 

9. Dans quel cas se forme le plus souvent une SCOP ?
Dans de nombreux cas, il s'agit de reprise / transmission. A l'origine, on trouve des entreprises familiales qui ne veulent pas vendre à des grands groupes et qui, par conséquent, font le choix de délivrer leur société à leurs salariés. Une pratique notamment utilisée dans le BTP où la culture de chantier est fortement présente.

 

10. Des exemples de réussite de SCOP dans le BTP
Parmi les porte-drapeaux, on peut citer Bouyer-Leroux dans le Maine-et-Loire spécialisé dans le secteur des murs et des tuiles en terre cuite. L'entreprise familiale a été transformée dans les années 80 en SCOP. Elle compte aujourd'hui environ 386 salariés dont 344 salariés-associés et se positionne comme le numéro 3 français de la fabrication de briques en terre cuite. Autre exemple, le spécialiste de la couverture, UTB, qui dispose d'environ 900 salariés dont un tiers est associé de la coopérative. En 2013, l'entreprise fêtera ses 80 ans d'existence de SCOP.

 

Pour en savoir plus : Fédération des SCOP du BTP et le réseau des SCOP

En page 2, découvrez le défi de la Fédération SCOP BTP


actionclactionfp