CORONAVIRUS. Alors que la crise sanitaire se propage dans l'Hexagone, les travaux publics ne sont pas encore beaucoup impactés. Cependant, le président de la Fédération nationale des travaux publics évoque des problèmes d'approvisionnement qui commencent à se faire sentir du côté des électriciens.

L'activité des travaux publics n'est pas encore tellement touchée par les conséquences de l'épidémie de coronavirus. Invité par Pascal Perri sur LCI, ce 10 mars, le président de la Fédération nationale des travaux publics Bruno Cavagné a sans difficulté reconnu que le secteur était loin de la situation de l'hôtellerie par exemple, "car nous sommes sur des commandes de long terme. Cependant, nous avons travaillé et travaillons avec le gouvernement, les collectivités locales, et les banques pour anticiper un certain nombre de problématiques".

 

Si ce n'est pas encore le cas, il a expliqué que l'arrêt des chantiers entraînerait "rapidement des problèmes de trésorerie, des pénalités de retard…" Les mesures annoncées par le gouvernement, concernant notamment le fait de considérer le coronavirus comme "cas de force majeur" si retard il y a, va donc dans le bon sens. "Mais les banquiers doivent être sur la même ligne et accompagner la crise, a-t-il insisté. On nous a dit que l'on serait à nos côtés, nous allons voir ce qu'il se passe dans les jours et les semaines à venir."

 

Réindustrialiser la France

 

Malgré tout, quelques soucis commencent à se faire sentir. Bruno Cavagné a en effet indiqué que dans le secteur, les électriciens "qui travaillent avec des matériaux provenant essentiellement de Chine" commençaient à devoir faire face à des problèmes d'approvisionnement.

 

Ne peut-on pas acheter français, l'a alors interrogé Pascal Perri ? Dans certains cas, non, a admis Bruno Cavagné. "Mais j'entends la classe politique expliquer qu'il faut réindustrialiser le pays. Très bien. Alors passons aux actes, s'est-t-il exclamé. Regardons les usines que nous avons pour cela." Et de rappeler qu'il y a quelques mois, Pont-à-Mousson, un des leaders sur la fonte, a failli être racheté par des Chinois. "Nous nous sommes beaucoup mobilisés pour que cela n'arrive pas, et cela ne s'est pas fait, ou tout du moins c'est en stand by. Mais imaginez un instant que l'opération soit allée au bout, une part de la production serait partie en Chine."

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