CRITIQUE. Les débats autour de la réglementation environnementale 2020 ne risquent pas de s'arrêter de sitôt. L'association négaWatt vient de revenir à la charge, accusant le texte tel qu'envisagé de "faire une croix sur les bâtiments performants".

La réglementation environnementale 2020 n'a pas fini de faire couler de l'encre. Cette fois-ci, c'est l'association négaWatt qui revient à la charge, elle qui en 2019 avait été l'un des premiers acteurs à alerter sur les conséquences d'une baisse du coefficient d'énergie primaire de l'électricité (qui passera, pour rappel, de 2,58 à 2,3). Dans un communiqué de presse diffusé ce 23 janvier 2020, l'entité assure que "le choix de valeurs artificiellement basses pour le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire et son contenu carbone risque de conduire à un recul important dans la performance énergétique des bâtiments". Un choix "idéologique", pour négaWatt, qui "favorise une électrification massive des usages sans se soucier des possibles émissions de CO2 associées".

 

L'abandon du Bépos déploré

 

Dans le souci de respecter l'objectif de neutralité carbone en 2050, et dans le but, selon un spécialiste bien informé contacté par Batiactu, "d'établir une réglementation taillée sur mesure pour le développement de la pompe à chaleur et la bonne santé d'EDF", les pouvoirs publics auraient mis les exigences d'efficacité énergétique au second plan. Surtout au vu de "l'abandon d'un objectif sur le bilan Bâtiment à énergie positive", souligne négaWatt. Pour l'association, le coefficient d'énergie primaire de l'électricité serait plutôt de 2,74 "selon les calculs des propres services de l'État", et serait contraire aux directives européennes qui imposent de fixer un Cep en accord avec le mix énergétique actuel, et non projeté dans quinze ans.

 

 

Quant au 79 gCO2/kWh choisi par l'État pour le contenu carbone du chauffage électrique, il nierait le fait qu'en hiver "la production de base nucléaire ne suffit pas à répondre aux pointes de demande du chauffage électrique, et qu'il est donc nécessaire d'avoir recours à des centrales fossiles". Nous serions plus proche, ainsi, d'un chiffre de 210, celui-là même qui avait été pris pour base pour l'expérimentation E+C-.

 

Nul besoin de "faire tricher la réalité physique"

 

L'association négaWatt craint moins l'électricité en tant que telle qu'un retour à l'effet joule, alors même que "sans faire tricher la réalité physique [...], n'importe quelle pompe à chaleur performante affiche un meilleur bilan qu'une chaudière gaz récente qui émet 240 gCO2/kWh". L'association en appelle ainsi au maintien du Cep de l'électricité à 2,58 et à un contenu carbone de l'électricité ramené à 210 comme dans l'expérimentation.

actionclactionfp