Selon le baromètre emploi et conjoncture de l'UPA, le chiffre d'affaires des artisans du bâtiment progresse légèrement, tout comme celui des travaux publics au deuxième trimestre 2016. Cependant, les entreprises rencontrent des difficultés pour recruter. Détails.

Les artisans du BTP tirent leur épingle du jeu. Alors que le chiffre d'affaires des artisans, tous secteurs confondus, est en recul au deuxième trimestre 2016, celui des professionnels du bâtiment a continué sa progression (+0,5%), et celui des travaux publics a augmenté de 1% (contre -2% au premier trimestre 2016).

 

Mais, alors que 19% des entreprises ont embauché au premier semestre 2016, tous secteurs confondus, dans le bâtiment seulement 14% des entreprises ont recruté. Un chiffre qui descend à 11% dans le secteur des travaux publics. Et pour le second semestre 2016, 10% d'entreprises artisanales du bâtiment et seulement 7% dans les travaux publics ont prévu de recruter. Ces faibles prévisions d'embauches témoignent "d'un manque de confiance des chefs d'entreprise", constate l'UPA. Des réticences à recruter qui s'expliquent principalement par une stagnation de l'activité (56%) et à 37% par la volonté de ne pas augmenter les effectifs.

 

Principale difficulté des recrutements : des problèmes de qualification

 

Le baromètre de l'Union professionnelle artisanale souligne également que 22% des artisans du BTP ont rencontré, au cours du premier semestre 2016, des difficultés de recrutement. A 66%, les entreprises artisanales évoquent des problèmes de qualification. Pour l'UPA : "C'est la démonstration de l'absurdité des dispositions initiales du projet de loi Sapin 2 qui visaient à supprimer l'exigence de qualifications pour exercer dans l'artisanat afin de favoriser la création d'emplois". "La qualification est au contraire une condition nécessaire à l'embauche, et l'UPA se félicite d'avoir convaincu les parlementaires d'abandonner cette piste", ajoute-t-elle.

 

Enfin, signe que les artisans manquent "de confiance en l'avenir", ils privilégient les contrats courts, souligne le baromètre. Ainsi, près de 59% des salariés recrutés l'ont été en CDD au premier semestre 2016, contre 35% en CDI et 4% en contrat d'apprentissage. "Dans ce contexte, la possibilité donnée aux TPE de recourir à un licenciement économique à la suite d'un trimestre de baisse de chiffre d'affaires, conformément à la demande de l'UPA dans le cadre de la loi Travail, devrait lever un frein à l'embauche et encourager à recourir davantage au CDI qu'aux contrats courts", estime l'UPA.

 

Au vu de tous ces résultats et afin d'améliorer la situation de l'emploi, le président de l'UPA, Jean-Pierre Crouzet "invite le gouvernement à donner la priorité aux TPE et aux PME dans ses choix économiques. En particulier, les mesures de baisse du coût du travail annoncées de longue date, doivent impérativement et rapidement être mises en œuvre".

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