INFRASTRUCTURES. Nouvel épisode du feuilleton Notre-Dame-des-Landes : ce 14 avril 2019, le groupe Vinci aurait réclamé "plusieurs centaines de millions d'euros" à l'Etat, en compensation de l'abandon du projet d'aéroport pour le Grand Ouest. Le major français a démenti cette information dans la soirée.

Le feuilleton de Notre-Dame-des-Landes n'est pas encore clos : ce dimanche 14 avril 2019, le groupe Vinci, qui devait assurer le rôle de concessionnaire de l'aéroport du Grand Ouest, a réclamé "plusieurs centaines de millions d'euros" à l'Etat, en compensation de l'abandon du projet. C'est la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui a livré ces informations lors d'une interview à nos confrères de France 3, confirmant que le Gouvernement est en cours de négociations avec le major du BTP sur une indemnité : "Nous ne sommes a priori pas d'accord sur les montants, mais on prendra nos responsabilités sur ce dossier. Ils [Vinci, NDLR] ont parlé de quelques centaines de millions d'euros, tandis que nous parlons de quelques dizaines".

Vinci dément "des rumeurs"
Vinci a démenti, dans un communiqué de presse diffusé dans la soirée du 15 avril, "les rumeurs parues dans la presse sur l'existence de discussions avec l'État portant sur les indemnités de résiliation relatives au contrat de concession des aéroports du grand ouest", peut-on y lire. "Vinci dément également avoir formulé une quelconque demande d'indemnisation chiffrée. La société concessionnaire n'a par ailleurs pas reçu de notification de résiliation du contrat de concession, alors même que la décision unilatérale d'abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes par l'État date de janvier 2018."

 

Pour rappel, le Gouvernement a annoncé le 17 janvier 2018 l'abandon officiel du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Une décision lourde de conséquences, notamment sur le plan financier : en mars 2018, le député LR Eric Woerth, par ailleurs président de la commission des Finances de l'Assemblée, avait estimé que le coût pour le contribuable oscillerait entre 200 et 600 millions d'euros. Par la suite, le groupe Vinci avait demandé à l'État une indemnité comprise entre 305 et 425 millions d'euros, un montant jugé "pas raisonnable" par le Conseil d'État en décembre 2018.

 

Vinci en pole position pour récupérer la gestion d'Aéroports de Paris ?

 

Cet énième rebondissement dans le dossier controversé de l'aéroport du Grand Ouest intervient au moment de la ratification de la loi Pacte par les parlementaires - Batiactu en parle ici -, un texte qui comporte en outre la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP). Une privatisation pour laquelle le groupe Vinci serait pressenti, celui-ci mettant en avant son expérience dans la gestion des infrastructures aéroportuaires à travers le monde : le major pilote effectivement quelques 46 aéroports dans 12 pays, dont 12 en France. "On a un contrat à Notre-Dame-des-Landes, sur lequel on est en train de travailler à la résiliation, et par ailleurs il y aura une procédure sur ADP, évidemment avec toutes les garanties de transparence", a cependant précisé Elisabeth Borne.

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